Rayonner grâce aux Jeux olympiques et mettre en valeur l’héritage de cet événement : cette vision idyllique des JO ne doit pas cacher le constat que l’organisation d’une telle épreuve sportive obéit à un cahier des charges strictement défini par le Comité international olympique (CIO). Recevoir la machine JO engendre en effet des obligations en termes de sécurisation, de retransmission et surtout de réalisation d’infrastructures onéreuses. Enquête au long cours sur les retombées et le coût des épreuves de surf à Tahiti…

« Le site de Teahupo’o, et plus largement Tahiti et l’ensemble des archipels, bénéficieront d’une visibilité exceptionnelle permettant une mise en lumière de la culture et des traditions polynésiennes », expliquait Tony Estanguet,le président du Comité d’organisation des Jeux olympiques et paralympiques (COJOP) Paris 2024, lors de son séjour à Tahiti en août 2022. Cependant sur fond de manque de préparation et de communication des institutions, les premières rumeurs n’ont pas rassuré : construction d’un village olympique, enrochement du littoral, construction de tribunes, creusement d’un chenal… Quid des études de faisabilité en amont de toute candidature ? Les choix de dernière minute concernant les aménagements et l’hébergement des athlètes interrogent également. Comment justifier un tel manque d’anticipation alors que Tahiti s’est portée candidate pour accueillir les épreuves de surf des Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024 il y a plus de quatre ans ? Est-il raisonnable de miser à l’aveugle sur les retombées des JO et de laisser l’économie de casino olympique faire main basse sur les ressources budgétaires limitées du Pays ? Car, in fine, il s’agit bien d’utiliser un événement sportif pour autre chose que le sport…
Le nouveau gouvernement Tavini fait des vagues…
Mai 2023 : alors que Tahiti avait été désignée pour accueillir les épreuves de surf des Jeux olympiques de Paris 2024, le nouveau gouvernement qui a « hérité » de ce dossier laisse entendre, par la voie de sa ministre des Sports, Nahema Temarii, qu’il pourrait retirer sa candidature. « La première option : nous allons jusqu’au bout, en faisant en sorte que cette épreuve des Jeux se déroule au mieux pour tout le monde », a-t-elle commencé dans des propos rapportés par le journal l’Équipe. Avant de continuer : « La seconde option c’est que, en raison de notre situation économique fragile, la Polynésie française révoque l’organisation de cette compétition olympique. Ce n’est pas trop tard. Une autre ville en Métropole pourrait alors prendre notre place. On sort d’une crise sanitaire qui a engendré une crise économique. Et cette organisation aura forcément un impact financier. »
Un débat rapidement clos quand on connaît les clauses des conventions signées entre le Pays, l’État et le COJOP Paris 2024, définissant les droits et les devoirs de chacun. Comme le rappelait Barbara Martins-Nio, responsable du site de Tahiti pour le Comité olympique, un retrait de l’organisation des JO s’avère en réalité très complexe à mettre en œuvre compte tenu des « mesures en cas de non-respect » du contrat qui impliquent le versement d’importants dommages et intérêts…
La Polynésie française va donc « relever le défi des Jeux olympiques, héritage défaillant du précédent gouvernement en termes d’organisation, de budgétisation et de réalisation », a lancé le président Moetai Brotherson, lors de son récent bilan des 100 jours.
Quatre autres villes de Métropole avaient candidaté pour accueillir les épreuves de surf : La Torche (en Bretagne), Lacanau – Ville de Bordeaux (en Gironde), Hossegor, Capbreton, Seignosse (dans les Landes) et Biarritz (dans les Pyrénées atlantiques). Tenant compte de plusieurs critères tels l’expérience dans l’organisation d’événements, l’accueil de compétitions de surf, les conditions météorologiques, la qualité du spot, l’accueil des athlètes et des spectateurs… c’est finalement Teahupo’o qui a sorti son épingle du jeu.
Pour Jean-Philippe Gatien, directeur des Sports de Paris 2024, le choix de Tahiti s’est révélée « la meilleure expérience pour les athlètes et maximise l’opportunité de bénéficier de conditions optimales pour la pratique du surf »
Voir la présentation de Teaahupo’o sur le site internet de Paris 2024 : L’une des plus belles vagues du monde à Paris 2024 – Paris 2024
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Des conventions pour l’organisation des JO
Les conventions pour l’organisation des épreuves olympiques de surf, sur la vague de Teahupo’o à Tahiti, ont été signées le 16 août 2022 par Édouard Fritch, président du précédent gouvernement de la Polynésie française, Tony Estanguet, président de Paris-2024 et Éric Requet, représentant de l’État.
Elles entérinent le choix de Teahupo’o comme site des épreuves olympiques de surf en 2024. La première convention, signée avec la Polynésie française, concerne la mise en place d’infrastructures sur le site de la Presqu’île. La seconde, signée avec le représentant de l’État à Tahiti, est centrée sur les mesures de sécurité à adopter lors de l’événement. La dernière concerne le passage de la flamme olympique en Polynésie française.
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Une facture salée d’environ 1 milliard de Fcfp !
Dans son rapport paru en juillet 2023, la Cour des comptes a listé les différents engagements inscrits dans les conventions pour le Pays et les collectivités locales.
« La Polynésie est notamment chargée de financer et réaliser la réfection de la marina de Teahupo’o ; la réalisation d’une route et d’un pont d’accès ou d’une solution de franchissement en vue d’accéder au domaine Rose, ainsi qu’une passerelle piétonne ; la réalisation d’un ponton accès mer/domaine Rose ; la viabilisation du domaine Rose ; la réalisation d’une tour des juges ; l’aménagement de la pointe Riri pour l’embarquement et le débarquement des délégations et des accrédités ; la mise en place des postes de livraisons électriques ; le déploiement de la fibre optique lagunaire ; la réalisation d’un base vie jour pour les athlètes ; la rénovation de l’hôtel Puunui (finalement abandonnée au profit d’un logement à bord du bateau de croisière Aranui, NDLR).
La commune de Taiarapu-Ouest est pour sa part chargée de financer et réaliser le déploiement du réseau d’eau potable. La communauté de communes Tereheamanu est quant à elle chargée de financer et réaliser l’assainissement des eaux usées ».
Le Pays doit donc prévoir les financements pour l’hébergement temporaire (395 millions de francs pacifique), le plan transport (240 millions de francs), la tour des juges (527 millions de francs, dont 250 pris en charge par l’État comme annoncé par Philippe Vigier, ministre délégué aux Outre-mer, lors de sa récente visite à Tahiti, NDLR) et payer le passage de la flamme olympique (21,6 millions de francs). Soit une ardoise qui s’élève à plus de 930 millions de Fcfp !
Il est un coût pour les comptes nationaux qui n’est que peu évoqué : celui d’un régime privilégié pour le Comité d’organisation des Jeux olympiques et paralympiques. Ainsi, le conseil des ministres du Pays lui a accordé le 26 juillet 2023 des dispositions dérogatoires au cadre général : « Mise en place d’un dispositif permettant une dispense d’affiliation aux régimes de protection sociale polynésiens,de dispositions diverses de simplification liée au domaine de l’organisation et la promotion des activités physiques et sportives en Polynésie française, du Code de l’aménagement, du domaine privé et public de la Polynésie française et aux conditions d’exercice des professionnels de santé. »
Sans compter le recours à plusieurs centaines de bénévoles… un potentiel travail dissimulé, objet d’une polémique balayée par le COJOP qui s’appuie sur la charte du volontariat olympique et paralympique rédigée en accord avec la direction générale du Travail.
Teahupo’o face à l’arrivée de la vague médiatique des JO
Le site de Teahupo’o, désigné par le Comité d’organisation des JO de Paris 2024, va accueillir 24 surfeuses et 24 surfeurs, soit 48 athlètes issus de 18 à 20 pays, qui devraient disputer ces épreuves du 27 au 30 juillet 2024. Elles pourront se prolonger jusqu’au 5 août, selon la houle.
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L’histoire du surf aux JO
Le 3 août 2016, le Comité international olympique (CIO) a voté l’introduction du surf dans la liste des cinq nouveaux sports figurants aux JO de Tokyo 2020. C’est la toute première apparition du surf aux Jeux olympiques. Tahiti est considéré comme le berceau du surf.
Plus récemment, le surf moderne a été popularisé par le célèbre nageur et olympien hawaiien Duke Kahanamoku. Il a remporté trois médailles d’or en natation aux Jeux de Stockholm 1912 et d’Anvers 1920, pour les États-Unis. Il est non seulement considéré comme le « père du surf moderne », mais il a aussi planté la première graine de l’introduction olympique de ce sport dès les Jeux de Stockholm 1912, lorsqu’il a émis cette suggestion au moment de recevoir sa médaille d’or.
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Deux cents médias internationaux sont attendus afin d’informer en direct plus d’un milliard de téléspectateurs dans le monde entier. Des zones de célébration appelées « fan zones » ont été définies et localisées à Papeete, Papara et Teahupo’o pour une capacité totale de plus de 15 000 personnes.
À 400 mètres du rivage, les vagues de Teahupo’o déferlent avec une forte puissance accentuée par le récif qui remonte subitement des fonds océaniens, passant de plusieurs mètres de fond à à peine 80 cm d’eau. Mythique, admiré et redouté, ce spot accueille depuis 1997 une étape du championnat du monde de la World Surf League (WSL) sur des vagues pouvant atteindre 10 mètres de haut par forte houle. De véritables monstres d’eau réputés pour leur forme tubulaire !
Voir le site officiel du CIO : Ce qu’il faut savoir sur le site olympique de Teahupo’o à Tahiti, qui accueillera le surf aux JO de Paris 2024 (olympics.com)
Teahupo’o, c’est une vague de renommée mondiale, un littoral sauvage, une commune qui s’étend du PK 14,4 au PK 18 (ou PK 0) – plus une douzaine de kilomètres au Fenua ‘Aihere, mais c’est surtout un lieu et un mode de vie que ses 1 419 habitants souhaitent conserver. Même avec la perspective des Jeux olympiques, Teahupo’o tient à rester Teahupo’o, avec une empreinte minimale de l’Homme sur la nature…
Dernière minute : un navire de croisière en guise de village olympique
Le CIO souhaitait voir construit un village olympique composé de maisons modulables qui auraient été transformées ensuite en logements sociaux. Une telle installation, dénoncée par l’association locale Vai Ara o Teahupoo (littéralement « Que Teahupoo reste vigilant ») risquait de dénaturer profondément le site.
Que faire alors pour loger les participants aux épreuves de surf ? Sans la construction d’un village olympique et sans la rénovation de l’hôtel Puunui – envisagée jusqu’au début de l’année 2023 – les surfeurs seront logés à bord du cargo mixte Aranui qui sera ancré dans la baie de Vairao, à une dizaine de kilomètres de Teahupo’o.

Une solution singulière pour le lieu emblématique qu’est le village olympique depuis 1924. Il est l’endroit où les athlètes de tous les pays peuvent se rassembler. « Si vous supprimez le village, vous supprimez une partie des Jeux », souligne Henri Specht, directeur du projet de village olympique et paralympique à la SOLIDEO, la société de génie civil en charge des infrastructures de Paris 2024. Certaines délégations sportives dont la France et les USA ont d’ores et déjà annoncé avoir choisi un hébergement chez l’habitant comme ils ont l’habitude de le faire pendant le circuit mondial.

« La rénovation de l’hôtel Puunui n’est plus réalisable dans les temps. La solution aujourd’hui, et la seule qui nous reste, c’est effectivement un bateau de croisière, répondait Barbara Martins-Nio, la responsable du site de Tahiti pour le COJOP sur TNTV. Ce n’est pas non plus un monstre de paquebot. Mais c’est tout de même plus de dix jours en mer, et c’est un point important du cahier des charges, qui compte dans nos critères d’évaluation, notamment sur la capacité du croisiériste de pouvoir étudier des solutions d’amélioration, notamment de l’empreinte carbone. »
Tri, recyclage, eaux grises, carburant, ancrage… Déjà engagée dans la réduction de son impact sur l’environnement, l’Aranui va s’efforcer de respecter le cahier des charges du village olympique.
Voir la Charte SAILS de bonnes pratiques du transport maritime pour la protection du milieu marin et du littoral Engagements de la Compagnie Polynésienne de Transport Maritime (CPTM) / Aranui Engagements CPTM Charte SAILS (mer.gouv.fr)
« Nous avons commandé une étude d’impact sur l’environnement qui sera confiée au bureau d’études Pae tai pae uta et qui tend à vérifier que par exemple le cargo mixte sera amarré sur une zone sablonneuse et que donc son ancre ne viendra pas casser la vie sous-marine », précisait Nahema Temarii, ministre des Sports, peu après la signature de la convention avec l’Aranui. Les premiers résultats de l’étude sont attendus en septembre.
La nouvelle tour des juges : une note qui pèse lourd
Si une tour des juges est bien présente lors des épreuves du circuit mondial, elle ne convient pas pour un événement mondial tel que les JO pour des raisons d’assurances et surtout de retransmission, compte tenu du poids financier des sponsors officiels et des droits TV.

Il faut que la tour puisse héberger d’importants équipements électroniques, comme des serveurs, des relais et batteries de secours qui permettront de diffuser la compétition en direct tout autour de la planète.
En aluminium, légèrement plus grande et mieux équipée que la tour en bois montée tous les ans pour la Tahiti Pro, la note de la nouvelle tour des juges, d’abord estimée à 350 millions de Fcfp, a été alourdie du fait de l’inflation et du désir de faire évoluer le projet vers une tour « modulable ». Son coût est finalement de de 527 millions de francs, dont 250 millions pris en charge par l’État.
La tour des juges devrait être montée à terre, puis en mer pour être testée en amont des JO, lors de la prochaine Tahiti Pro, avancée en mai 2024.
Espérons qu’elle sera utilisée pendant plusieurs années sur d’autres spots afin d’éviter l’image désastreuse d’un « éléphant blanc », nom de ces infrastructures excessivement onéreuses laissées à l’abandon une fois l’épreuve des JO achevée.
Flambée des prix pour le passage de la flamme olympique
Annonciatrice de l’ouverture prochaine des Jeux, la torche olympique sera allumée en Grèce le 16 avril 2024, puis portée par 11 000 relayeurs à travers la France à partir du 8 mai 2024, traversant les océans vers les territoires d’Outre-mer, avec un passage annoncé en Polynésie française, le jeudi 13 juin 2024.

21,6 millions de francs pour une seule journée, c’est le prix unique demandé par le Comité d’organisation des JO. On aurait souhaité un tarif préférentiel pour Tahiti tenant compte de ses possibilités financières et de sa contribution à Paris 2024…
Plusieurs départements ont d’ailleurs refusé de débourser une telle somme pour accueillir la flamme. Tony Estanguet, le président du COJO, argue dans l’Équipe qu’il s’agit d’une « participation au coût (…) et du résultat d’un benchmark que l’on a réalisé auprès d’autres événements itinérants ». À titre de comparaison, le prix est à peu près le même pour une ville étape du Tour de France. Le passage de la flamme olympique, qui plus est un jour de semaine, a-t-il une visibilité similaire à l’accueil du Tour ?
Ce montant paraît d’autant plus élevé qu’il n’est pas possible d’associer d’autres partenaires pour alléger la note. Le sponsor de la flamme olympique est Coca-Cola qui a prévu de distribuer ses boissons sportives (…) « Coca-Cola Sans Sucres », « Coca-Cola Original » et « Fuze Tea » lors de cet événement.
Voir Paris 2024 – Les parrains du Relais de la Flamme
Les acteurs privés et publics : champions du sportwashing
Les discours privés et publics encensent le sport. Il n’est question que des valeurs que l’Olympisme lui a attribuées.
« L’Olympisme est une philosophie de vie, exaltant et combinant en un ensemble équilibré les qualités du corps, de la volonté et de l’esprit. Alliant le sport à la culture et à l’éducation, l’Olympisme se veut créateur d’un style de vie fondé sur la joie dans l’effort, la valeur éducative du bon exemple, la responsabilité sociale et le respect des principes éthiques fondamentaux universels », peut-on lire sur le site du Comité International Olympique.
Voir « Qu’est-ce que l’Olympisme ? » : https://olympics.com/cio/faq/l-olympisme-et-le-mouvement-olympique/qu-est-ce-que-l-olympisme
Les compétitions sportives internationales utilisent cette méthode bien connue, qui porte le nom de sportwashing, procédé par lequel un pays, une entreprise, une collectivité ou quelque organisation que ce soit utilise le sport comme moyen d’améliorer sa réputation.
L’histoire des Jeux a montré combien le choix de la ville hôte a le plus souvent été motivé par des considérations « JOpolitiques ».
Côté sponsors, il suffit de s’arrêter sur quelques partenaires de Paris 2024 pour voir que cet événement sert avant tout à polir une image : c’est Airbnb qui a trouvé un moyen de s’imposer dans les villes où l’événement se déroule, alors que les collectivités tentent de lutter contre les effets des locations temporaires sur les prix du marché locatif immobilier ; c’est Toyota qui devient le premier constructeur automobile à bénéficier des anneaux olympiques tout en faisant l’objet d’amendes du fait de ses pratiques environnementales et financières…
L’urgence écologique, elle, fait l’objet d’un traitement particulier avec des engagements qui paraissent irréalistes pour des Jeux devenus trop gros, trop chers et trop puissants. Selon le Comité d’organisation et l’ensemble des parties prenantes de Paris 2024, il s’agit, ni plus ni moins, d’organiser « les premiers Jeux durables et respectueux de l’environnement ».

Faire en sorte que la flamme olympique s’empare du cœur des Polynésiens
Malgré des délais serrés, « tous les voyants sont au vert », indiquait dernièrement la ministre des Sports et de la Jeunesse, Nahema Temarii, en marge du Taiarapu-Ouest Horue Festival. Et de poursuivre : « La marina de Teahupo’o est en cours de réhabilitation, une nouvelle passerelle piétonne est en train d’être construite au PK 0, le domaine Rose sera aménagé en base logistique temporaire, tandis que le village de jour des athlètes, lui aussi temporaire, devrait être plus proche de la pointe Fare Mahora, afin de permettre aux surfeurs de garder un œil sur la vague entre deux séries. Tout le monde va y trouver son compte et je pense que c’est à retenir (…) nous avons eu l’information que la commission consultative d’agrément de Paris 2024 a aujourd’hui estimé les retombées économiques directes dans les familles polynésiennes à plus de 130 millions de Fcfp. »
La Polynésie française, la communauté de communes du sud de Tahiti, Tereheamanu, et plusieurs communes, dont Taiarapu-Ouest, sont labellisées « Terre de Jeux ».
La plupart des établissements scolaires polynésiens sont désormais labellisés « Génération 2024 » et de nombreux projets pédagogiques en faveur du sport, de la culture et de l’inclusion sont menés de la maternelle jusqu’à l’université. En mars dernier, 4 000 élèves du Fenua étaient réunis autour d’activités variées à l’occasion de la Semaine olympique et paralympique.
Pour permettre à un large public de profiter du spectacle, des « fan-zones » sont prévues à Teahupo’o, à Papara (Taharu’u) et à Papeete (jardins de Paofai).
Les surfeurs polynésiens Vahine Fierro et Kauli Vaast ont décroché leur ticket pour les JO, de même que la Réunionnaise Johanne Defay. Nul doute qu’ils seront encouragés dans leur quête de médaille olympique par tous les résidents du Fenua.
Teahupo’o sera ainsi une vitrine exceptionnelle pour Tahiti et ses îles avec des retombées primaires immédiates comme l’augmentation des recettes touristiques et ses effets induits dans de nombreux secteurs de l’économie polynésienne, et certainement des avantages secondaires à plus long terme.
À cet héritage tangible, il faudra ajouter l’héritage « immatériel », c’est-à-dire la façon dont les Jeux pourraient marquer durablement la société polynésienne.
En conclusion de sa visite à Tahiti au mois d’août dernier, Amélie Oudéa-Castéra, la ministre des Sports en charge des Jeux olympiques exprimait ainsi sa « fierté immense » de voir les Jeux s’organiser en Polynésie, dans « le berceau du surf qui contribuera au rayonnement de la France grâce à la plus belle vague au monde ».
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Un « héritage » pour la Polynésie française
Extrait du communiqué final de la visite du site de Teahupo’o en août 2022 par les membres du Comité d’organisation Paris 2024 sur les opportunités que constitue l’épreuve de surf à Tahiti en matière d’héritage :
UN HÉRITAGE SPORTIF, ÉVÉNEMENTIEL & TOURISTIQUE
- Positionnement de Tahiti comme site de référence pour le Surf dans le Pacifique (Jeux du Pacifique 2027, Los Angeles 2028, Brisbane 2032)
- Développement d’un savoir-faire en matière d’organisation afin de continuer à accueillir de grands événements sportifs (Jeux du Pacifique 2027)
- Mise en valeur unique de Tahiti et de ses habitants aux yeux du monde
UN HÉRITAGE SOCIAL
- Accélération des aménagements initialement prévus à plus longue échéance
- Chaque action de développement sera soit pérenne et servira au plus grand nombre dans une perspective d’avenir, soit temporaire et ne laissera, post–événement, aucune trace comme Paris 2024 s’y est engagé depuis le choix de Tahiti comme Collectivité Hôte des Jeux.
- Utilisation du sport comme un vrai levier de changement (santé ; bien-être ; épanouissement personnel ; inclusion ; changement de regard sur le handicap)
- Mise en place des 30 minutes d’activité physique par jour dans les écoles primaires de l’archipel, pour tendre vers la généralisation du dispositif
- Construction ou rénovation d’équipements sportifs de proximité
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L’épreuve de surf à Teahupo’o permettra-t-elle à Tahiti de surfer sur la vague des JO ? Le lancement d’études ex ante ex post sera nécessaire, et permettra d’évaluer le coût et les retombées des Jeux olympiques sur le développement économique et social du Pays.
Comme indiqué précédemment, les parties prenantes ont tendance à surestimer les recettes et à sous-estimer les dépenses qui montent en flèche dans la dernière ligne droite.
D’où ce constat que de moins en moins de villes sont candidates pour organiser les Jeux olympiques en raison de leur coût pharaonique et des contestations légitimes de leurs habitants. Le Comité international olympique voit donc son choix de villes hôtes à désigner contraint. Lors de la session du CIO à Lima en septembre 2017, il a juste décidé de l’année d’attribution entre les deux villes encore candidates : Paris en 2024 et Los Angeles en 2028.
Et si Teahupo’o, une épreuve délocalisée à plus de 18 000 km de la ville hôte, aidait à repenser les JO ? Teahupo’o pourrait faire œuvre utile pour les prochaines éditions des JO, et contribuer à revoir leur économie générale et leur organisation. Pourquoi ne pas retenir des sites uniques pour certaines épreuves, quel que soit le pays organisateur, comme le proposent déjà certains membres du CIO ?
Bien sûr, il s’agirait d’une remise en cause du modèle des JO voire du modèle d’organisation du sport dans sa globalité. Mais les Jeux olympiques ne pourront pas se tenir indéfiniment à n’importe quel prix, déconnectés de la réalité du monde, pour des épreuves qui durent seulement quelques jours. Prenons le cas du surf. Le site olympique pourrait toujours être le même et se situer, par exemple, à… Tahiti. Même chose concernant d’autres disciplines pour lesquelles on pourrait réutiliser des sites existants.
Une adaptation des Jeux pour revenir à l’essentiel : la célébration des valeurs de l’Olympisme que sont l’excellence, l’amitié et le respect.
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La sécurité : prérogative de l’État et enjeu majeur des épreuves de surf à Teahupo’o
Quelques heures après son arrivée à Tahiti, le ministre de l’Intérieur et des Outre-mer, Gérald Darmanin, accompagné de la ministre des Sports, Amélie Oudéa-Castéra, et du ministre délégué en charge des Outre-mer, Philippe Vigier, s’est rendue à l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (Ifremer) où ont été exposés les enjeux scientifiques de l’institut en appui aux politiques publiques, ainsi que les mesures sanitaires, de sécurité et de secours qui seront mises en place lors des prochaines épreuves de surf des Jeux olympiques 2024.
« Les locaux de l’Ifremer abriteront une cellule de coordination réunissant les services du Pays, des communes, des organisateurs et de l’État, avec un commandement unifié qui sera assuré par le haut-commissaire en tant que directeur des opérations, afin d’assurer le pilotage d’une éventuelle situation particulière. Un dispositif intégré regroupera l’ensemble des postes de commandement de la gendarmerie et des forces armées répartis sur les fan zones, sur terre comme sur mer.
Le domaine Rose de Teahupo’o, situé non loin de la pointe Fare Mahora en face de la vague mythique, accueillera un dispositif de secours et incendie. Pour parer efficacement aux éventuels accidents pouvant survenir lors des épreuves, deux dispositifs d’urgence seront mis en place à Teahupo’o, l’un pour des urgences relatives avec évacuation vers l’hôpital de Taravao et l’autre pour les urgences absolues avec évacuation héliportées en 17 minutes vers le centre hospitalier de Taaone. »
Gérald Darmanin : « 600 policiers et gendarmes mobilisés »
« Il y aura 600 policiers et gendarmes mobilisés pendant la dizaine de jours des Jeux. Il y aura un accueil particulier à l’aéroport pour que tous ceux qui veulent venir en Polynésie puissent le faire dans d’excellentes conditions (…) Nous devons aussi protéger les athlètes et assurer une couverture maritime et de drones.
Il y aura aussi un renforcement de la lutte anti–drones. Il faut lutter contre les drones malveillants qui sont une nouvelle menace. En Espagne, il y a eu une possible bombe attachée à un drone, il nous faut donc lutter contre cette menace-là. Je le dis aux communes aussi, je vais débloquer une enveloppe spéciale pour équiper en vidéosurveillance. Pour l’instant, il n’y a pas de demandes en Polynésie française. »
Phil Fogg
