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Confronté à des difficultés financières, notamment dues à la flambée du prix du papier et à la chute des recettes publicitaires, Les Nouvelles calédoniennes, le seul quotidien local, ne sera plus diffusé qu’en version numérique, et ce à compter du 1er janvier 2023.

Fondées en 1971, Les Nouvelles calédoniennes (LNC) avaient été rachetées en 1987 par l’ancien patron de presse Robert Hersant, avant d’être reprises en 2013 par un trio d’actionnaires locaux. Malheureusement, le journal est confronté à « une baisse constante du tirage, au doublement du prix du papier et à un effondrement du marché publicitaire », a expliqué à l’Agence France-Presse Yves Delauw, directeur général du groupe Melchior, propriétaire des Nouvelles calédoniennes.

LNC fait face à d’importantes difficultés financières depuis plusieurs années et avait déjà alerté ses lecteurs. En avril 2021, devant la rapide dégradation des comptes, la direction avait décidé de se placer en procédure de sauvegarde. S’engageait alors une période d’un peu plus d’un an durant laquelle les dettes ont été « gelées » sous le contrôle du tribunal de commerce de Nouméa. Yves Delauw détaille : « Loin de nous croiser les bras, nous nous sommes retroussé les manches afin d’imaginer un avenir pour le seul quotidien d’information de Nouvelle-Calédonie. Tout de suite, avec l’aide de l’État, qui a accru son soutien à la presse d’outre-mer, nous avons recherché un éventuel repreneur en Métropole et dans la région. À ce jour, aucun investisseur n’a hélas formulé une offre sérieuse. » Et de poursuivre : « Nous nous sommes également tournés vers les responsables politiques calédoniens : certains nous ont parfois assurés de leur soutien, sans plus ; d’autres ont rigoureusement négligé de répondre à nos demandes. »

Les Nouvelles se construisent un avenir

Au pied du mur, la direction a dû prendre la décision (toujours douloureuse, on le sait bien !) de changer son mode de diffusion au 1er janvier 2023. À partir de cette date, le journal sera diffusé exclusivement en version numérique du lundi au vendredi. L’offre sera étoffée d’un magazine hebdomadaire papier qui sera livré chaque semaine.

Cette nouvelle stratégie, dont la rédaction a été informée la semaine dernière, va entraîner la fermeture d’une des deux imprimeries du groupe Melchior, qui possède aussi une radio, un titre gratuit, des magazines et qui emploie environ 145 personnes. Selon Nouvelle-Calédonie la 1ère, seuls cinq des vingt-deux salariés de la rotative seront reclassés… Toute la rédaction de Pacific Pirates Média (PPM) exprime son soutien à LNC, qui est par ailleurs notre partenaire (voir les articles dans la rubrique « Actualités/Les échos du Pacifique« ) et pense à ses confrères calédoniens !

En Polynésie aussi…

En Polynésie aussi, la situation de la presse est catastrophique. Après l’arrêt des Nouvelles de Tahiti, de Tahiti Pacifique Magazine, puis de La Dépêche de Tahiti, le droit à l’information et de la liberté d’expression sont en péril.

Merci à tous nos lecteurs et abonnés de soutenir l’ancienne équipe de Tahiti Pacifique, qui a recouvré un vent de liberté avec son nouveau webzine PPM. Nous avions fait aussi le choix douloureux de passer en version numérique, mais nous touchons désormais tous les archipels polynésiens. Vous êtes aujourd’hui plus de 15 000 utilisateurs à surfer sur notre site, mais n’oubliez pas que nous dépendons essentiellement de nos abonnés, car nous avons relevé le défi de n’avoir aucun lien avec des actionnaires. Nous avons besoin de vous pour poursuivre notre mission d’information, mauruuru roa.

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