Après des semaines d’enquête, les policiers ont interpellé un trafiquant qui avait monté un supermarché de la drogue depuis chez lui. Des revendeurs et clients ont aussi été entendus.Photo mise en avant : Les policiers des « stups » ont stoppé un trafic de LSD, de champignons hallucinogènes et d’herbe de cannabis. Le principal suspect pilotait depuis son…
Il vendait de tout, ou presque. D’après Les Nouvelles Calédoniennes, un homme d’une vingtaine d’années, qui n’avait jamais fait parler de lui jusqu’alors, était dans le collimateur de la brigade des stupéfiants de la police nationale qui menait depuis plusieurs semaines de discrètes investigations sur son activité illégale, le suspectant d’avoir monté un supermarché de la drogue qu’il pilotait depuis son domicile aux Koghis, à Dumbéa. Dans le plus grand secret, les enquêteurs du service territorial de la police judiciaire (STPJ) ont travaillé, de jour comme de nuit, pour comprendre et reconstituer ce réseau qui « arrosait » le Grand Nouméa et la capitale et que le principal suspect avait réussi à structurer comme une véritable entreprise.
Livraison à domicile
La procédure avait été ouverte en début d’année via un renseignement anonyme qui dénonçait ce trafic de stupéfiants qui avait la particularité de ne pas se limiter à de la vente d’herbe de cannabis mais aussi, de proposer aux personnes intéressées du LSD – un puissant psychotrope – ou encore, des champignons hallucinogènes.
À force d’étroites surveillances, d’écoutes téléphoniques et d’auditions de clients, les policiers ont établi que le jeune homme dealait depuis au moins deux ans, multipliant les profits qu’il réinjectait directement dans l’achat de drogue ou pour ses besoins personnels. S’il proposait aux clients, dans un premier temps, de se rendre aux Koghis pour récupérer les substances, il avait ensuite proposé de les livrer directement à domicile pour satisfaire au mieux les demandes des consommateurs et s’attirer une clientèle encore plus large.
Au fil des semaines, l’étau s’est resserré jusqu’à ce que les policiers décident de passer enfin à l’action. Après avoir localisé de manière formelle le suspect à son domicile, ils ont procédé à son arrestation.
Dans la foulée, une perquisition a été ordonnée et a permis de découvrir et de saisir plusieurs doses de LSD, une trentaine de champignons hallucinogènes, de l’herbe de cannabis, des sachets conditionnés pour la vente ainsi qu’une forte somme d’argent liquide.
Sur des bouses de vaches
Transféré au commissariat central, le jeune homme, au casier judiciaire vierge, a été confronté aux éléments du dossier avant de passer à table. D’après nos informations, il a bien admis se livrer à la vente de stupéfiants depuis au moins l’année dernière mais il s’est montré moins bavard sur l’identité de ses fournisseurs, notamment en herbe de cannabis.
Les policiers ont également cherché à savoir comment le trafiquant s’approvisionnait en champignons magiques. Via l’envoi de colis postaux depuis la Métropole ? Sur le Dark Web ? En les cultivant directement chez lui ? Le suspect a finalement raconté qu’il récoltait lui-même ces végétaux psychédéliques qui poussaient sur… des bouses de vache.
En effet, les champignons dits coprophiles, et qui procurent des sensations analogues au LSD, se nourrissent d’excréments de bovins. Le mycologue amateur n’avait plus qu’à les faire soigneusement sécher avant de les céder à ceux qui sont en recherche d’un « trip » de plusieurs heures.
Le monde de la nuit
Malgré ces aveux en garde à vue, le dossier n’en est pas pour autant fini. Les enquêteurs des « stups » vont, toujours sous la houlette du parquet, tenter de percer un peu plus encore ce réseau aux multiples ramifications et bien implanté dans le monde de la nuit.
Effets secondaires
Le champignon psilocybe, qui pousse principalement dans les prairies ou sur des excréments d’animaux, est très recherché pour ses effets secondaires. Ces « champis » sont le plus souvent ingérés crus ou séchés, certains le consommant aussi infusés ou cuisinés avec d’autres aliments. Les effets varient selon les variétés, les modes de préparation et les quantités consommées : hallucinations visuelles et auditives, altération de la perception du temps et de l’espace, jusqu’à la recherche d’expérience mystique.
Attention, ce n’est pas sans risque, ces champignons peuvent provoquer des vertiges et nausées, des pertes d’équilibre ou une accélération du rythme cardiaque. Une ingestion massive peut entraîner de graves complications allant jusqu’au décès, mais cela reste très rare. Sur le plan pénal, ils sont reconnus comme une drogue. Son usage et sa cession sont punis de peines de prison et d’amende.
Source : Les Nouvelles Calédoniennes
