Après une première hausse au 1er janvier 2022, EDT augmente, à nouveau, ses tarifs de vente d’énergie au 1er octobre (arrêté n°1975, CM du 29/09/2022, lire notre article ici) de + 6,5 %. D’autre hausses sont d’ores et déjà anticipées sur les trois ans à venir.
Depuis de nombreux mois, le FRPH (Fonds de régulation du prix des hydrocarbures) a largement absorbé la forte hausse du gazole nécessaire aux centrales thermiques d’EDT via le budget général du Pays. Il va sans doute continuer à le faire malgré cette contribution supplémentaire du consommateur. Nous nous intéresserons ici à l’énergie électrique en basse tension destinée aux usages domestiques.
Le tarif « Petits consommateurs », pour une puissance souscrite inférieure ou égale à 3,3 kVA, n’est pas concerné, épargnant ainsi les ménages les plus modestes. Il en est de même pour les personnes réglant leur consommation en « Prépaiement ».
La hausse concerne donc les tarifs dits « Classiques », pour une puissance souscrite supérieure à 3,3 kVA. En outre, le nombre de tranches passe de deux à quatre : de 0 à 120 kWh ; de 120 à 240 kWh ; de 240 à 360 kWh ; au-delà de 360 kWh (au lieu d’un seul seuil à 240 kWh).
Lire l’arrêté paru au Journal officiel ci-dessous :
Si l’on examine la part proportionnelle au kWh du coût (tarif augmenté de la TVA, de la CPS*, ainsi que des taxes TEP*, CSE* et communale, et hors frais d’abonnement, restés constants par ailleurs), elle vaut, selon les tranches, respectivement : 33,46 Fcfp, 34,83 Fcfp, 53,21 Fcfp et 55,14 Fcfp, et l’augmentation subie sur chaque tranche atteint respectivement 1,61 %, 5,79 %, 4,24 % et 8,01 %.
L’augmentation du nombre de tranches permet de lisser la hausse en pénalisant davantage les plus énergivores, surtout au-dessus de 240 kWh par mois : le tarif de la 3e tranche est 1,53 fois plus cher que celui de la deuxième tranche !
Une nouvelle grille défavorable au consommateur mais qui va dans le sens de la responsabilisation de celui-ci
Ainsi, cette nouvelle grille, si elle est défavorable, bien évidemment, au consommateur, va néanmoins dans le sens de la responsabilisation de celui-ci, de la sobriété et de l’efficacité énergétiques, toutes choses nécessaires à la lutte contre le dérèglement climatique.
Si le consommateur souhaite diminuer cet impact, il peut, en général, à l’aide de quelques gestes simples, diminuer sa consommation de 5 à 10 % au minimum. Exemples : entretien de ses appareils frigorifiques ou remplacement par des appareils plus économes, suppression des veilles, recours à des lampes LED…Voir les conseils sur https://www.service-public.pf/sde/documentation/mediatheque/#guides ou https://www.facebook.com/EspaceInfoEnergiePF/
Une autre possibilité est d’écrêter les tranches supérieures en s’équipant d’une installation photovoltaïque (connectée avec injection du surplus) qui couvrira la consommation de jour du ménage. La facture EDT est souvent divisée par deux. La rentabilité est assurée au bout de seulement quelques années. Les économies mensuelles, si besoin est, peuvent assurer le versement de mensualités courant sur six ans et permettant de couvrir un prêt auprès d’une banque ou une formule de vente d’énergie auprès d’un installateur.
De plus, la technologie photovoltaïque est très fiable, fait appel à des travaux aisés et rapides, et nécessite très peu d’entretien et de maintenance. En outre, la source d’énergie est renouvelable, et le mode de production durable, sans pollution et sans dégagement de gaz à effet de serre en service.
On notera que la rentabilité d’une centrale photovoltaïque est davantage assurée par l’autoconsommation que par la vente du surplus produit à EDT. En effet, le tarif de rachat du kWh est resté figé à 15,98 Fcfp/kWh depuis 2011 !
Enfin, une négociation semble être en cours entre le Pays, les installateurs solaires et EDT, afin d’une part de revoir les tarifs et conditions de raccordement des installations photovoltaïques (baisse espérée !) et d’autre part, d’établir une charte de bonne conduite des installateurs.
Jean-Claude Foglia, consultant en énergie renouvelable
Notes :
*CPS : Contribution pour la solidarité
*TEP : Transport d’énergie électrique en Polynésie
*CSE : Contribution de solidarité sur l’électricité
NB : comment passer des tarifs affichés dans l’arrêté au coût proportionnel au kWh que paie l’usager ? Exemple : 22 Fcfp/kWh en tranche 1 ; (22-2,75)*(1+ 0,05 + 0,01) + 2,75 + 6,3 + 4 = 33,46 Fcfp. Avec 2,75 Fcfp pour la taxe TEP ; 0,05 pour 5 % de TVA ; 0,01 pour le 1 % de CPS ; 6,3 Fcfp pour la CSE et 4 Fcfp pour la taxe communale.
