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J’écrivais une rubrique dans le défunt Tahiti Pacifique Magazine intitulée « L’œil de Maeva est Takin ». Il m’arrivait de penser que les lecteurs devaient s’interroger sur cet œil et surtout sur l’autre. Maeva n’aurait-elle qu’un œil en état de visualisation ? L’autre ne serait-il pas bandé à la manière de tout pirate qui se respecte ?

Donc, je passais sans doute déjà pour une pirate. Et quel progrès sociétal : une jeune femme pirate et reconnue comme telle ! La flibuste se féminisant, quelle victoire ! Cela me donne une énergie décuplée. Je m’imagine partant à l’abordage des hommes sans leur demander leur consentement… Quel renversement de situation !

Pirates, mes sœurs et mes frères (de la côte bien sûr), je vous lance aujourd’hui un appel : c’est quoi vos rêves ?

On me dit ici où là (houlala…) que le rêve de tout flibustier est de dépouiller le premier venu sur sa route, sans distinction de race, de sexe, de religion, de costume, de classe et d’intelligence.

Si c’est ça, j’abandonne la flibuste ! 

La volonté d’aller compenser les inégalités de naissance par la rapine et d’aller ridiculiser les arrogants et les bavards n’empêchent pas un code d’honneur.

Un code d’honneur chez les pirates ? Oui, car pour prouver sa vaillance, il ne faut pas s’attaquer aux plus faibles. La sagesse populaire veut qu’on ne tire pas sur une ambulance et, croyez-moi, dans le monde politique et le monde des affaires, il y a des ambulances en plus mauvais état que les trucks qu’utilisaient nos grands-parents. J’ai appris, dans la langue de Corneille : « À vaincre sans péril, on triomphe sans gloire ! ».

Alors notre équipe de pirates, avec leurs plumes, ne devront s’attaquer qu’aux forteresses, celles qui sont en état de répliquer. « Laisse les morts enterrer leurs morts », conseillait Jésus. Suivez mon regard (avec mes deux yeux) : je désigne ceux qui sont déjà morts (1).

Le grand journaliste Albert Londres (2) (1884-1932) concevait ainsi son métier (le mot vocation conviendrait mieux) : « Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort, il est de porter la plume dans la plaie ». La formule pourrait s’appliquer aux pirates d’aujourd’hui à condition d’ajouter un mot : « notre métier n’est pas de nous faire plaisir… ». Ainsi, moi qui vous parle, je participerai à PPM, non pas pour me faire plaisir, ni pour faire du tort à quiconque (sauf à ceux qui n’ont pas plus d’humour qu’ils n’ont de cervelle) (3), mais pour tenter, par la dérision, de corriger (grâce à la lutte des claques) femmes et hommes outrecuidants et les défauts (les plaies) et les dérives de notre société (4). Je vous montrerai bientôt ma plaie-list.

Les notes qui suivent sont automatiquement générées par mon recours à l’intelligence superficielle.

(1) Maeva vous recommande la lecture d’une nouvelle qu’elle avait écrite dans Les noix de coco ne tombent que sur les imbéciles, actualisée récemment sur son blog. Lisez « Bienvenue en nécrocratie », un mot inventé en Algérie pour désigner le pouvoir de l’ancien président Bouteflika.

(2) Ainsi quelqu’un qui s’appelait Londres et était qualifié de « grand » pouvait être de nationalité française…

(3) Après réflexion, ça fait quand même du monde !

(4) Après réflexion, y’a du boulot !

(Illustration mise en avant : extrait de l’album Astérix le légionnaire)

Légende : La flibuste connaît parfois un destin « tragique » comme dans les albums avec Astérix. Le tout est de bien choisir ses cibles (qu’elles soient accessibles, les cibles).

Note de PPM : Notre collaboratrice Maeva Takin nous apportera régulièrement ses analyses à la fois déjantées et pertinentes. Vous pourrez aussi la lire sur son blog (http://www.maeva-takin.com) où elle présentera des chroniques, des nouvelles (écrire des nouvelles désopilantes, tendres, accusatrices, c’est sa vocation c’est d’être) et une rubrique Adrénaline (coups de cœur ou de colère, comptes-rendus de parutions…) qu’elle partagera parfois avec PPM.

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