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Après la parution du livre de Riccardo Pineri, Le regard de l’étranger – Paul Gauguin et la Polynésie, publié aux éditions ‘Api Tahiti, la Bibliothèque de l’Université de la Polynésie française organise une présentation de l’ouvrage suivie d’un échange avec le public. La rencontre aura lieu jeudi 7 décembre, de 11 heures à midi, en présence de l’auteur, qui est philosophe et professeur des universités spécialiste d’esthétique, et de Carole Atem, maître de conférences en lettres, tous deux nourrissant également les colonnes de PPM.

Depuis longtemps, Riccardo Pineri écrit sur la perception de la Polynésie par les écrivains et les peintres venus découvrir puis s’inspirer de ce fenua étrange et fascinant. Il poursuit son analyse artistique avec ce nouvel ouvrage.

L’étranger n’est pas le touriste d’aujourd’hui, mais « une personne qui demeure un certain temps dans le pays et qui laisse toujours de la distance avec ce lieu qu’il regarde d’un œil critique. Il est étranger avec intimité et distance unies ». Le philosophe Georg Simmel exprimait cela en considérant que l’étranger est une « forme sociologique » caractérisée par le fait d’être à la fois fixé en un point de l’espace et détaché de ce même point. Dans son ouvrage, Riccardo Pineri démontre que dans ses tableaux, Gauguin intégrait des représentations de ses propres valeurs d’origine (notamment les nombreuses insertions chrétiennes) et des symboles typiquement polynésiens qui, seuls, guidaient son inspiration, notamment dans Ia ora na Maria, entre autres tableaux.

Malgré l’accueil mitigé que reçut, parmi d’autres toiles d’inspiration tahitienne, Mana’o Tupapa’u, lors de l’exposition parisienne qui suivit son premier séjour en Polynésie, Gauguin a souvent exprimé l’intérêt personnel qu’il portait à ce tableau, resté dans l’ombre de ses plus célèbres œuvres, comme son fameux « testament » de 1897. Dans cette toile composite se conjuguent, au mythe tahitien que Gauguin cherche à retrouver à travers la représentation de la femme originelle, d’autres mythes évocateurs de la vie, de la mort, et de la persistance des âmes défuntes.

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