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Comme relaté dans notre précédent article (voir PPM, 19 juin 2024 : https://www.pacific-pirates-media.com/plan-climat-hydrocarbures-retour-de-lhydroelectricite-photovoltaique-et-stockage-les-nouvelles-du-front-energetique/), le Comité de Pilotage (COPIL) du Plan Climat de Polynésie française (PCPF) s’est réuni le 25 juin 2024 et a validé à l’unanimité le programme d’actions opérationnel. Voir https://www.plan-climat-pf.org/public/accueil.html

Le PCPF sera bientôt présenté en conseil des ministres sous la forme d’un arrêté, soumis au CESEC, puis à l’APF. Par la suite, il bénéficiera d’un suivi permanent, d’une évaluation annuelle, d’une communication ouverte et d’une révision continue. Concernant le volet “atténuation”, la mise en œuvre complète des actions recensées permettrait seulement de réduire l’empreinte carbone polynésienne de 11 tonnes de CO2e/hab./an à 8,5 en 2030, loin de l’objectif annoncé de 5,5 tonnes. Du côté du volet ”adaptation”, le plan a été renforcé, mais les réponses sont loin d’être suffisantes.

Selon la Direction polynésienne de l’énergie (DPE), chargée du PCPF, les forces et faiblesses de ce plan sont les suivantes :

La gouvernance du PCPF est assurée classiquement par :

  • Un comité de pilotage : outil de validation au niveau ministériel,
  • Un comité de suivi : outil de suivi global de la mise en œuvre,
  • Un comité technique : outil de coordination des actions.

En outre, la DPE a introduit une démarche participative innovante en créant un comité scientifique ainsi qu’un comité citoyen.

Le comité scientifique regroupe une dizaine de membres locaux et internationaux (UPF, Universités métropolitaines et de l’étranger, CNRS, Criobe, Météo-France), experts “des sciences du climat et des écosystèmes, de la réduction des gaz à effet de serre ainsi que de l’adaptation et de la résilience face au changement climatique”. Il permet d’apporter une expertise scientifique indispensable à l’aide à la prise de décision.

Le comité scientifique constate que le changement climatique est déjà une réalité fortement impactante. De plus, pour la Polynésie française, “l’élévation du niveau de la mer représente une menace existentielle au long cours pour les zones littorales des îles hautes ainsi que les îles basses et atolls, mettant en danger la disponibilité des eaux souterraines, causant la salinisation des réserves d’eau douce et fragilisant les infrastructures et habitations côtières”.

Le comité scientifique réclame “un engagement politique fort et une mobilisation à tous les niveaux de gouvernance, essentiels pour accélérer la mise en œuvre des actions d’atténuation et d’adaptation”. Les réponses, pour être efficaces, devront être “inclusives, combinées, planifiées à l’avance, alignées sur les valeurs socioculturelles et les priorités de développement”.

Il insiste sur les co-bénéfices de ces actions en matière de sécurité alimentaire, de santé, de bien-être, de conservation de la biodiversité et du maintien de nos fondements culturels ainsi qu’en faveur d’une meilleure éducation et de la réduction des inégalités.

Il souligne que la transition écologique induit une nécessaire et importante transformation sociétale, notamment de l’économie et des formations initiales et continues, mais que cette transformation doit être vue comme “une démarche positive” et non “comme une accumulation de contraintes”.

Enfin, le comité scientifique alerte : “Notre fenêtre d’opportunité se rétrécit drastiquement. Il est impératif que nous prenions collectivement conscience de l’urgence de la situation et que nous agissions en conséquence”.

Texte du comité scientifique (lire ci-dessous)

Le comité citoyen est issu d’un appel à candidatures et constitue un échantillon représentatif de la population polynésienne.

Il considère l’ambition de ce plan comme “très insuffisante” et déclare qu’il est “un échec”.

Selon celui-ci, “ni les autorités, ni la population n’ont réellement pris la mesure des enjeux et des actions à mener”.

Une priorité serait ”la formation (accélérée) des instances dirigeantes” de Polynésie.

En outre, le changement de nos modes de vie, notamment en matière de consommation, nécessite “une large validation sociétale” qui passe par des “campagnes de sensibilisation à grande échelle” et sur un temps long.

Le comité citoyen préconise également des actions au niveau international afin de “faire connaître notre PCPF et infléchir les décisions des autres décideurs dans le sens des intérêts de nos écosystèmes et de la population”.

Il considère que, si nous ne prenons que des demi-mesures, “nous devrons subir de plein fouet, dans l’urgence, les mesures qui nous seront imposés par les faits, de façon beaucoup plus brutale”.

Il conclut par “choisir et mettre en œuvre, dès aujourd’hui, le PCPF le plus ambitieux, c’est éviter les privations de liberté de demain”.

Texte du comité citoyen (lire ci-dessous)

Jean-Claude Foglia

jean_claude_foglia@yahoo.fr

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