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En ce qui concerne la revalorisation des retraites CPS, le Syndicat autonome des retraités de Polynésie (SGARP) a pris position très tôt en faveur de la mise en place d’une prime exceptionnelle pour les retraités bénéficiant de la tranche A. Dès octobre, le secrétaire général du SGARP avait adressé un courrier à la fois au président du C.A. de la CPS et au président du Pays pour exprimer notre préférence pour une prime dans la mesure où cela favorisait davantage les bénéficiaires de petites retraites qu’une augmentation unilatérale de 2 %.

Cependant, le SGARP s’empressait de rappeler la nécessité de reconduire cette prime en début 2026 afin de se rapprocher de sa demande formulée depuis 3 ans de revaloriser les pensions de retraites inférieures au SMIG d’un minimum de 5 % afin de compenser partiellement la perte de pouvoir d’achat estimée à plus de 8,5 % dans la même période. Si le SGARP a soutenu le principe de la prime initialement prévue à 26 000 Fcfp (passée à 23 500 Fcfp), c’est qu’il considérait que, dans la période transitoire avant la réforme d’envergure annoncée pour 2026/2027, c’était le moyen le plus efficace de revaloriser les petites retraites mais avec la condition nécessaire que cette prime soit doublée immédiatement ou au 1/01/2026.

En ce qui concerne le fait que cette prime soit accordée aussi à des Polynésiens qui n’ont pas cotisé toute leur vie ou 40 ans d’activité le SGARP accepte totalement le principe de l’attribution même aux Polynésiens n’ayant pas cotisé intégralement. Le SGARP regarde la situation réelle des gens qui sont dans le besoin. Beaucoup de personnes n’ont pas cotisé ou pas assez parce qu’ils n’ont pas été déclarés. Le SGARP est très étonné des déclarations du président du SDIRAF et d’autres qui considèrent que l’attribution de la prime est une injustice sociale. L’anomalie sociale ne serait-elle pas plutôt dans le fait qu’un retraité dont la retraite globale dépasse 400 000 Fcfp par mois et qui est intégralement à la charge de la CPS pour ses soins médicaux paie une cotisation maladie CPS à un taux réel inférieur à un retraité à 100 000 Fcfp bénéficiaire de la seule tranche A (ce retraité avec + de 400 000 Fcfp/mois ne paie pas de cotisation maladie CPS sur sa pension ARRCO/AGIRC étant exonéré.)

Le SGARP persuadé que la réforme de la retraite ne sera pas opérationnelle avant la fin 2026 tant les enjeux et conflits d’intérêts seront importants, continuera à défendre le principe et l’obtention d’une seconde prime d’un minimum de 26 000 en tranche A  au 01/01/2026.

Le SGARP se prononce pour le doublement de la prime de 26 000 Fcfp

Quant au discours développé par « certains » dans les médias estimant que la prime unique de 26 000 Fcfp : « c’est mieux que rien », c’est de l’indécence quand on sait que cela vient parfois et souvent de la part de « certains » responsables qui ont profité de revalorisations conséquentes (notamment en ARRCO/AGIRC avec + de 10 % sur 3 ans)), de dispositifs de retraite favorables (tranche B), d’exonérations discutables et de conditions globales de cotisations /carrière exceptionnelles. Que des retraités CPS à très faibles revenus (100 000 Fcfp/mois ou moins) puissent estimer qu’une revalorisation moyenne de 2000 Fcp par mois pour 2025, « c’est mieux que rien », on peut le comprendre mais c’est beaucoup plus discutable dans la bouche de nantis déguisés en vendeurs de « cacahuètes ». Tout cela fait penser au sketch de l’humoriste Raymond Devos avec ses jeux de mots sur la définition de « rien »: parlonsen, 1 fois rien, c’est rien, 2 fois rien, c’est pas beaucoup mais avec 3 fois rien, on peut déjà acheter quelque chose… sauf que nos décideurs et nos beaux parleurs sont beaucoup moins comiques que Raymond Devos. Quant au vote quasi unanime du CESEC en faveur de cette prime exceptionnelle unique, c’est un message implicite confirmant le discours ambiant véhiculant que c’est « mieux que rien ». Aucun membre n’a évoqué ou pris en compte l’injustice sociale faite aux retraités bénéficiaires de petites retraites en acceptant de valider et cautionner une perte de pouvoir d’achat qui reste supérieure à 4 % (10 % – 2,67 % – 2,67 % = 4,66 %) sans proposer une revalorisation plus conséquente

Quant au président du SDIRAF, il serait temps qu’il arrête de dire une chose et son contraire. Il s’est prononcé favorablement à l’adoption de la prime exceptionnelle devant la commission du CESEC. Il se permet de la dénoncer dans les médias tout en disant que « c’est mieux que rien ». Il faut savoir. Les retraités et les Polynésiens ne sont pas des « pions » ou des « marionnettes » au service des manipulateurs d’opinion. Ils ne sont ni à vendre ni à acheter.

Le projet de loi sur l’affiliation des non salariés (RNS) à l’assurance maladie et sur le périmètre et montant des cotisations a donné lieu à des prises de position assez violentes et polémiques de partenaires sociaux et de membres de la commission du CESEC. Cela a abouti à un avis très majoritairement défavorable du CESEC en assemblée plénière.

Si des reproches pouvaient être formulés sur des insuffisances du projet, notamment le manque de clarté entre ce qui doit ressortir du domaine des cotisations sociales (donc de la compétence de la CPS) et du domaine de la fiscalité (donc du Pays), certaines déclarations et prises de positions ne peuvent laisser les citoyens   polynésiens indifférents notamment ceux qui sont en bas de l’échelle sociale comme les retraités à faibles revenus. Le CESEC est dans son rôle quand il cherche à améliorer les textes et exiger des précisions. Cependant, il faut entendre aussi tout ce qui est dit à l’extérieur du CESEC, dans les couloirs et dans les médias par quelques-uns de ses membres. C’est ainsi que le président de la CGPME considérait à la télévision qu’une pension minimale pour vivre dignement, à ses yeux et à son profit, ne pouvait être inférieure à 250 000 Fcfp. Dans la séance plénière du CESEC, un autre employeur et vice-président du C.A. de la CPS faisait une référence au SMIG polynésien (173 000 Fcfp) pour affirmer qu’en dessous de ce type de rémunération, « la personne » (un retraité est aussi une personne) a du mal à faire face à ses dépenses . De qui se moque-t-on ? Les mêmes qui tiennent ces discours se sont contentés de valider une prime exceptionnelle et unique de 26 000 Fcfp (23 500 Fcfp) en faveur de retraités dont 50 % ont une pension inférieure à 110 000 Fcfp. Ce même membre du CESEC prétend qu’il faut « harmoniser les choses ». « Pourquoi, c’est une somme à un endroit et une somme ailleurs », dit-il. Ainsi donc certains Polynésiens devraient se contenter d’une retraite et de revalorisations très faibles pendant que d’autres affirmeraient leur propre « prétention » à un « seuil de dignité « à 173 000 ou 250 000 Fcfp. N’oublions pas non plus qu’en 2023, le Conseil d’administration de la CPS (à la demande de qui ?) a choisi d’octroyer une prime exceptionnelle de 210 000 Fcfp aux salariés de la CPS en plus des 6 500 Fcfp mensuels déjà octroyés. Le motif était de compenser la perte de pouvoir d’achat (les bénéficiaires de petites retraites n’ont obtenu que 23 500 Fcfp de prime alors que l’inflation a été la même que pour les collègues salariés de la CPS). Le problème n’était pas tant le montant accordé aux personnels de la CPS que le fait de créer plusieurs catégories de Polynésiens, ceux qui ont droit à des revalorisations conséquentes (même si elles sont en partie défendables) et ceux qui n’ont droit qu’à des miettes. C’est la juxtaposition et l’opposition de deux mondes et de Polynésiens dont le degré de « noblesse » et de « besoins » ne serait pas équivalent. La compensation de perte de pouvoir d’achat depuis 3 ans, par des dispositifs divers, a été accordée globalement et prioritairement aux catégories de salariés ou de retraités qui en avaient le moins besoin. La période du Covid et de l’inflation a creusé les inégalités sociales.

Tel membre du CESEC affirme : « il y a toujours un moment donné où on doit cotiser ». Je partage ce discours mais comment justifier des exonérations importantes pour des Polynésiens qui ont des revenus conséquents ? Pourquoi des acteurs économiques ou sociaux définissent ils des seuils ou des plafonds de cotisations ou de fiscalité à leur convenance (500 000, 250 000, 1730 00) ?  Si la construction de la nouvelle PSG doit être équilibrée et l’œuvre de tous, il est nécessaire de fonder les efforts sur les revenus et le patrimoine réels. Les seuils d’efforts de cotisation ou de contribution doivent être recherchés autour des 3 objectifs suivants avec un souci d’équilibre et de vision globale :

– permettre au plus grand nombre de Polynésiens de vivre dans la dignité avec un revenu suffisant, ce qui est loin d’être le cas actuellement notamment pour plus de 50 % des retraités et d’une part de salariés ;

– permettre aux entrepreneurs et acteurs économiques de disposer des moyens d’investissement nécessaires au développement de l’emploi, ce qui suppose que les charges supportées par les créateurs d’emplois n’étouffent pas les initiatives. Le SGARP est conscient des enjeux économiques qui conditionnent l’équilibre social mais n’est pas sensible aux « pleurotes » de certaines prétendues victimes (employeurs ou possédants) d’une politique sociale pourtant essentielle ;

– dégager les moyens financiers nécessaires aux défis de la protection sociale universelle (maladie, retraite et vieillissement, famille, handicap), cela suppose une fiscalité conçue sur la base de la progressivité mais aussi de la justice sociale. Les efforts actuellement sont mal partagés. Il est donc important que le débat et les enjeux sociaux ne soient pas monopolisés ou confisqués par les seuls « possédants », les détenteurs des « pouvoirs installés » ou ce que d’autres ont caractérisé comme une « caste » de défenseurs d’intérêts particuliers. C’est au pouvoir politique, en pratiquant le dialogue et la concertation (ce qui était, en principe, le rôle du CSPSU) de concevoir et mettre en œuvre des dispositifs qui assurent la justice et l’harmonie sociale, ce qui suppose de dépasser des considérations purement catégorielles et corporatistes. Le C.A. de la CPS, par exemple, n’a pas autorité pour définir la politique sociale du Pays. Il a compétence pour gérer « en bon père de famille » les sommes issues des cotisations versées par les Polynésiens et les employeurs. Il n’a pas à se substituer à la responsabilité qui incombe aux représentants de l’assemblée démocratiquement élus.

La réforme des retraites est annoncée pour bientôt ou pour plus tard comme une chance de « ciel bleu » pour les retraités victimes de la perte de pouvoir d’achat et de pensions faibles. Le risque est de voir s’accomplir la phrase de Sénèque qui disait : « En suivant le chemin qui s’appelle plus tard, nous arrivons sur la place qui s’appelle jamais… ».

Le SGARP demande que justice soit rendue maintenant sur la base du doublement de la prime en tranche A car le compte aujourd’hui n’y est pas.

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