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La CPS vient de publier son rapport 2022 sur la situation de la CPS et la ventilation des dépenses en correspondance avec les différentes ressources constatées au titre de l’année 2022. Le SGARP, Syndicat autonome des retraités de Polynésie, ne peut que constater et déplorer à nouveau le sort réservé à la majorité des retraités polynésiens inscrits et à la charge de la CPS.

Les statistiques nous confirment que 71% des retraités de Polynésie, soit 25 414 pensionnés, disposent d’une pension égale ou inférieure au SMIG (162 972 Fcfp en décembre 2022). Ces retraités absorbent environ 2 milliards de Fcfp/mois sur un budget global de 4,46 milliards. 44,7 % des pensionnés CPS soit 16 079 personnes dont la pension est égale ou inférieure au minimum retraite (85 000 Fcfp) ne consomment que 871 millions de Fcfp soit seulement 19,5 % du budget. En réalité, c’est une minorité de 29,27 % de retraités (10 518) qui absorbent 55,14 % du budget des retraites.

Il y a donc des inégalités flagrantes dans notre système dues :

– à des salaires insuffisants ou incomplets dans la période d’activité ;

– à des écarts de salaires très importants entre les salariés ;

– à des dispositifs accentuant les écarts, notamment du fait de l’instauration de la tranche B qui a accordé des droits exceptionnels avec comme conséquence une forte augmentation globale des charges.

Les 4,46 milliards distribués chaque mois et les bases de sa répartition traduisent une situation inéquitable. La charge financière pour la CPS est globalement lourde. La masse servie au profit de la minorité favorisée par les hauts salaires et une tranche B confiscatoire grève toute possibilité de revalorisation conséquente des petites retraites concentrées essentiellement en tranche A. Ce n’est pas juste. Ce n’est pas acceptable. Aucun rééquilibrage n’a été opéré.

Aucune prise de décision pour corriger cette injustice

Ce qui est étonnant, c’est que les administrateurs de la caisse mais aussi les responsables des divers gouvernements successifs osent présenter et afficher toutes ces données sans que cela n’aboutisse à aucune prise de décision pour corriger cette injustice. C’est l’art de dire sans ne rien faire.

La crise COVID et l’inflation galopante ont mis en grande difficulté 70 % de retraités dont la pension est inférieure au SMIG. Quelles décisions ont été prises par les administrateurs de la CPS et le pouvoir politique pour aider les plus faibles ? Aucune décision sérieuse. Ce n’est pas les 2,7 % de revalorisation du pouvoir d’achat qui ont permis d’apporter un soutien sérieux à tous ceux qui souffrent et qui ont trop peu de soutiens pour les défendre…

La période COVD et d’inflation en 2022-2024 a creusé les injustices et les écarts qui étaient déjà flagrants. On nous promet une réforme de la PSG à travers ou sans le CSPSU, mais ce n’est que de l’annonce, et en réalité rien ne bouge.

Les chiffres présentés par la CPS par niveaux de pensions montrent la faiblesse de la masse financière engagée pour les plus faibles retraites (retraites inférieures au minimum retraite et au SMIG). Il était donc possible de revaloriser au minimum de 5 % les retraites de milliers de Polynésiens dont le pouvoir d’achat s’est effondré. Le SGARP a renouvelé maintes fois cette demande, mais n’a pas été écouté. Rien n’est annoncé pour 2024.

Le SGARP constate avec satisfaction l’évolution de la position du président du SDIRAF dans les réseaux sociaux. Il reconnaît enfin la faiblesse et l’insuffisance de la revalorisation des petites retraites et ne se contente plus de dire que 2 %, « c’est mieux que rien ».

Avant même et indépendamment de la grande réforme annoncée de la PSG, il faut majorer au minimum de 5 % les pensions inférieures au SMIG dès le 01/01/2024.

Il ne suffit plus d’afficher les injustices, il faut les corriger…

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