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Le Syndicat autonome des retraités en Polynésie française (SGARP) dénonce et accuse : 20 000 pensionnés polynésiens à faible revenu ont été oubliés, méprisés, spoliés…

Le SGARP a suivi et analysé les mesures et les réponses apportées pour préserver le pouvoir d’achat des Polynésiens suite aux conséquences à la fois du Covid mais aussi des événements internationaux (guerre en Ukraine). Les services de la statistique ont situé aux environs de 8,5 % le niveau de l’inflation en Polynésie en 2022 (en réalité, c’est au-dessus pour les produits alimentaires). Si on veut préciser et analyser les réponses apportées, il est important de répertorier les mesures selon les diverses catégories sociales en Polynésie.

1/ Les catégories qui ont bénéficié de soutien non négligeable :

– les salariés bénéficiaires du SMIG : dans le cadre de quatre revalorisations successives, le SMIG a été augmenté de 10,6 % pour monter à 169 000 Fcfp. Si cela constitue un minimum pour vivre, cela a été cependant une mesure conséquente de préservation du pouvoir d’achat ;

– les salariés fonctionnaires d’État ou de droit privé mais rémunérés par l’État, dans le cadre de leur statut, ont bénéficié d’une revalorisation de salaire de 3,5 % appliqué sur le salaire indexé. Cela a permis d’amortir le choc du coût de la vie (+ 17 500 Fcfp par mois pour un salaire de 500 000 Fcfp) ;

– pour certaines catégories de salariés en Polynésie, la montée de l’inflation a été, pour une part, compensée ou atténuée par des revalorisations de salaires dans les branches ou les entreprises. À cela s’ajoute la mise en place de la prime d’inflation ;

– pour les retraités d’État sur le territoire, la revalorisation de la pension a été de 4 % ;

– les 25 à 30 % des retraités de la CPS disposant des plus grosses retraites, ont pu bénéficier de mesures favorables (+2 % à la CPS + 0,67 % de baisse de cotisation maladie + maintien des avantages d’une tranche B très favorable + une revalorisation de 5,12 % pour les retraités inscrits à la CPS mais bénéficiant des dispositifs ARRCO/AGIRC ;

– les employeurs ont bénéficié d’aides diverses de l’État et du Pays + une baisse de 1,33 % de l’assurance-maladie. Si l’objectif est le maintien ou la création d’emplois, une évaluation reste à faire sur les résultats réels ;

– les fonctionnaires territoriaux viennent de bénéficier d’une revalorisation de 3 % des salaires.

S’il est difficile de voir très clairement qui ont été les bénéficiaires des diverses mesures de soutien au pouvoir d’achat et surtout à quel niveau, il est, par contre facile de repérer les oubliés et les victimes de la crise inflationniste. Ce sont :

– les jeunes ;

– les personnes en errance dans les rues ;

– de nombreux retraités de la CPS.

2/ La situation inacceptable des bénéficiaires de petites retraites

Fin 2021, le nombre de retraités était de 35 977, dont 30 274 issus du régime des salariés. Quelque 20 000 d’entre eux bénéficiaient d’une pension inférieure à 1 SMIG en fin 2021 et + de 50 % ont une retraite inférieure à 110 000 Fcfp.

De quelle revalorisation ont bénéficié les détenteurs de petite retraite :

– + 2 % en mai 2022 ;

– + 0,67 % par baisse de la cotisation maladie (et non 2 % comme on a voulu le faire croire).

La revalorisation réelle (contrairement aux discours et affirmations des politiques et de certains leaders syndicaux prétendant qu’elle a été de 4 %) a été de 2,67 % pour une inflation de 8,5 % (bien supérieure si on prend les seuls produits alimentaires).

C’est donc une baisse d’environ 6 % de pouvoir d’achat pour les retraités polynésiens aux plus bas revenus. Pour le SGARP, c’est inacceptable, indéfendable et injuste. La crise a creusé les injustices sociales.

Ainsi donc, ceux qui, proportionnellement, ont fourni les plus gros efforts de contribution via la TVA sociale non seulement n’en ont tiré aucun profit (la TVA sociale n’a pas servi aux retraites) mais ils ont été en plus spoliés de leurs faibles ressources pour sauvegarder les droits et avantages des plus nantis.

C’est cela la vision sociale dans ce Pays ? Ce n’est pas celle du SGARP.

Le SGARP souhaite une revalorisation immédiate de 5 %

Le SGARP demande donc une revalorisation immédiate de 5 % car nous disons NON à l’aumône et OUI à la Justice. À partir des chiffres fournis par la CPS, le coût annuel de cette revalorisation de 5 % concernant les retraités bénéficiant de moins d’un SMIG se situerait dans une fourchette de 825 millions à 850 millions de Fcfp (référence décembre 2021) pour 20 291 retraités. C’est financièrement jouable dans la mesure ou le Pays et la CPS ont récupéré des milliards à travers les taxes et la fiscalité :

– légère progression de l’emploi bénéfique pour la CPS ;

– taxes engrangées liées à l’inflation et l’augmentation des produits importés ;

– la TVA sociale dont les produits ont été supérieurs aux prévisions.

Le SGARP est conscient des difficultés de la CPS et de la nécessité de réformes dans les diverses branches avec recherche de moyens financiers nouveaux. Ce sera le rôle des commissions du CSPSU qui vient d’être mis en place. En aucun cas, les errements de gestion du passé ne peuvent exonérer le pouvoir politique et les partenaires sociaux de leur devoir de justice à l’égard des plus démunis.

En absence de revalorisation suffisante, le SGARP ose utiliser le mot de spoliation des petits retraités en mobilisant leurs maigres ressources (via la TVA sociale) sans aucune contrepartie sociale à part une petite « aumône » de 2,67 %…

Le SGARP ne peut non plus cautionner la demande formulée par l’intersyndicale locale, lors du préavis de grève, d’exonérer l’ensemble des retraités de CST. Sachant que tout retraité bénéficiant d’une pension inférieure à 150 000 Fcfp ne paie pas de CST, cela aboutirait à faire un cadeau d’autant plus important que le revenu est élevé. C’est de la justice à l’envers. Ce serait encore les « petits retraités » qui seraient les « dindons de la farce ». Il serait plus judicieux de poursuivre la baisse des cotisations maladie comme cela avait été promis. Par exemple, porter la cotisation maladie à 2 % (au lieu de 4,98 % actuel) pour les retraités ne disposant que d’une seule tranche A permettrait aux retraités à faible revenu de regagner près de 3 % de pouvoir d’achat.

Le SGARP ne peut se contenter du « baume apaisant » appliqué aux pensionnés à bas revenus à travers cette « aumône » de 2,67 %.

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1 réflexion au sujet de « <strong>Revalorisation des petites retraites CPS : 20 000 pensionnés oubliés méprisés, spoliés…</strong> »

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