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Au Tapura ça tangue, ça tangue, et pas seulement contre Tong Sang.
J’entendis les bruits de couloir : « Fritch va laisser choir Raffin ».
Choir, le verbe choir, vous connaissez ? Comme moi, encore fillette, vous avez fait sans doute sa connaissance en lisant Le Petit chaperon rouge de Charles Perrault qui contient cette formule quasi magique, une sorte de sésame : « Tire la chevillette et la bobinette cherra ». Pourtant derrière ces mots qui enchantaient la petite fille qui n’en connaissait aucun[1], il y avait une formule banale : « ce qui tient la porte fermée tombera ». Donc choir en français ancien (mais encore usité) veut dire tomber ! Conjugué au futur, choir donne cherra.

Quand récemment j’ai entendu que Peretiteni pourrait laisser choir Raffin, j’ai repensé aux conjugaisons spéciales comme la langue française en est pleine. J’eus l’idée de chercher dans ma bibliothèque l’usage du verbe choir et je suis chue sur un manuel adéquat qui m’avait bien servi pour rédiger les mémoires de mes diplômes. Un verbe compliqué à conjuguer, inusité à certains temps par exemple. Mais j’ai trouvé drôle ce verbe désuet. J’ai pensé que si Raffin devait choir, on pourrait lire dans la presse (si, si, il en reste) :

  • Si Édouard lui retire sa confiance, Raffin cherra
  • Quand Raffin sera chu, il sera dans les choux
  • Si Raffin avait su manœuvrer, il ne serait pas chu
  • Si Raffin avait su, il n’eût pas chu bêtement.

J’entendais déjà un journaliste du JT de 19 heures fourcher sa langue : « Raffin a su mais on ne l’a chu que hier choir » (du Giscard d’Estaing dans le texte). J’imaginais surtout l’envolée lyrique de Stéphane Ratinaud : « Le cimetière des éléphants s’est encore agrandi, mais comme l’aurait écrit Chateaubriand, d’autres tombent, mais Raffin choit ».   

Mais Édouard aurait dit au séminaire du Tapura :

  • Si j’avais laissé choir Raffin, j’eusse chu avec lui
  • Pourquoi voulez-vous que je finasse avec Raffin ? Que j’aie chu dans les sondages c’est une chose. Que je précipite la chute d’un ministre avant que je sois chu sur une boulette dudit ministre, que nenni ! Raffin cherra quand il sera mûr.
  • Raffin ne sera pas déchu tant que je n’aurai pas la preuve que j’échoue en politique. Il faut laisser Raffin faire.

Bref, Raffin ne cherra pas… pour l’instant. Sa déchéance[1] est reportée. Je pourrai donc encore concocter quelques raffinades, comme d’autres, au XVIIe siècle écrivaient des Mazarinades et d’autres au début du XXIe lançaient des Raffarinades. Il paraît que jamais Raffin ne rie !


Selon une habitude désormais bien encrée (non, ne voyez pas de faute d’orthographe), Maeva a recours à l’intelligence superficielle pour clarifier ses textes :


[1] C’est le propre des grands écrivains, mais aussi des gourous, de trouver des mots et des sonorités qui éveillent nos imaginations. Par exemple : « pour qui sont ces sornettes qui nous pètent la tête ? ».

[1] Déchéance. Combien de personnes savent que le mot vient du verbe choir ? Toi, Maeva, tu le savais ? Crâneuse, va…

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