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Ah la rentrée scolaire, le début d’une nouvelle année… Je trouve la période parfaite pour vous exposer ce que j’appellerai mes utopies politiques, c’est-à-dire ce que j’imagine être une politique de santé performante pour notre petit territoire, la Polynésie française. Je prendrai pour cela l’exemple de l’obésité.

La période s’annonce d’autant plus propice qu’à l’heure où j’écris cet article, le Président de la Polynésie s’apprête à faire le bilan des 100 premiers jours de son gouvernement. Concernant le domaine de la Santé, le ministre s’est fait discret, nous n’en avons pour ainsi dire pas entendu parler à part il y a quelques jours avec la nomination du nouveau directeur de la Santé. Si je devais décrire la situation actuelle de la Santé en Polynésie, je dirais qu’il s’agit d’une véritable catastrophe. L’hôpital est en déperdition, les Polynésiens sont globalement en mauvaise santé, avec l’obésité en tête des maladies redoutées sur le territoire, et son lot de complications… Mais au fait comment on fait pour prendre en charge l’obésité ?

L’obésité est définie comme une maladie de surcharge pondérale définie par un indice de masse corporelle (IMC = poids/taille²) au-delà de 30. C’est une maladie qui est la cause de beaucoup de complications possibles dont je n’en citerai que quelques-unes : infertilité, diabète, maladies cardiovasculaires, cancers, etc. Il s’agit d’une maladie complexe et encore mal connue pour laquelle la prise en charge nécessite d’être pluridisciplinaire, longue et fastidieuse. Elle nécessite des professionnels de santé formés à cette maladie et coordonnés dans la prise en charge. Oui mais : la prise en charge diététique n’est pas remboursée par la CPS, la coordination entre les différents professionnels de santé relève elle-même de l’utopie, les formations sur le sujet sont quasiment inexistantes sur le territoire.

Quel rapport avec la politique me direz-vous ? L’obésité fait partie des maladies favorisées par un style de vie, et c’est là où le politique entre en jeu : dans le fait de changer les comportements. On pourrait imaginer de faire de l’obésité une priorité de santé publique, d’interdire les publicités des produits gras et sucrés, de les remplacer par des messages de prévention, de faire des pistes cyclables tout autour de l’île, de faire des salles de sport publiques et accessibles à tous (encore plus que celles qui existent), de rembourser les consultations diététiques et psychologiques, de favoriser l’agriculture biologique… Et ceci n’est qu’un exemple parmi d’autres.

Des projets pérennes en Polynésie ? Que nenni !

Des initiatives existent et méritent qu’on parle d’elles : le centre Ora Ora, le programme de prise en charge de l’obésité de la Direction de la Santé, le centre de lutte contre l’obésité et le surpoids. Mais elles concernent un nombre de patients qui reste marginal et présentent d’éternels problèmes administratifs de longueur de traitement des dossiers et de rémunération des professionnels travaillant dans ces structures. Par exemple, un groupe de professionnels de santé (pour ne pas les nommer) ayant commencé la prise en charge de patients obèses il y a déjà trois mois n’a toujours pas vu la couleur du budget de leur programme. Sachant qu’il s’agit souvent de budgets annuels et qu’il faut recommencer les dossiers chaque année, en ne sachant pas quand vous allez être rémunérés… je doute que leur motivation ne dure très longtemps pour continuer à pérenniser leur initiative. Des projets pérennes en Polynésie ? Que nenni !

Pour pouvoir initier un changement, il faudrait donc avoir un budget conséquent, des décisions interministérielles fortes, une vision sur le long terme (10 ans minimum). Autant vous dire que cela restera un rêve (ou peut-être plutôt un cauchemar) tant qu’il n’y aura pas une prise de conscience des hautes sphères. L’espoir fait vivre !

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1 réflexion au sujet de « Santé publique : mes utopies politiques »

  1. Bonjour et bravo pour cette analyse. Il y manque cependant deux volets qui me paraissent primordiaux.
    1 – l’importation et la commercialisation explosive d’aliments industriels “gras, sales, sucrés”. Le ma’a Tahiti a disparu, remplacé par la bouffe des supermarchés
    2 – la place des roulottes n’est toujours pas évaluée : quand mettrons nous en place un “label diététique”? L’idée serait de décourager la distribution de boissons fluo, de beurre noir et de mayonnaise chimique et d’encourager les roulottiers à proposer des plats bons et sains.

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