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L’Association Taparau organise une nouvelle soirée à la Maison de la culture (bibliothèque adultes) le jeudi 7 novembre, de 18h à 20h. Martine Guichard recevra tour à tour Daniel Margueron, Valérie Gobrait, Flora Aurima-Devatine et Jean-Marc Regnault afin d’évoquer l’oralité en Polynésie. Un rendez-vous qui s’annonce riche sur le plan des échanges culturels, à ne pas manquer !

L’association Taparau rassemble des auteurs, des illustrateurs et des compositeurs de Polynésie et a une double vocation : proposer des activités culturelles en fonction d’initiatives de ses membres mais aussi en réponse à des demandes externes de collaborations et participer de façon de plus en plus importante aux différents salons du livre. C’est le thème de l’oralité au Fenua qui a été retenu cette fois par les organisateurs.

L’art oratoire ou ‘ōrero est l’art de manier la parole, le discours. Mais ce terme ‘ōrero désigne également, le discours ou l’orateur lui-même. Issu de la tradition ancestrale polynésienne, il correspond à une pratique réservée autrefois à des adultes.

Dans une société à tradition orale, le ’ōrero était la mémoire de la communauté et tenait ainsi un rôle central dans la vie de la société. De nos jours, cette pratique culturelle est toujours vivace bien que la fonction d’orateur soit de moins en moins l’apanage de spécialistes.  Introduit dans les écoles en 2008, le ’ōrero devient un support pédagogique permettant aux jeunes polynésiens de s’approprier leur langue et de s’exprimer en public en reo mā’ohi.

Cette conférence propose donc une réflexion autour de l’oralité ancienne et des formes qu’elle prend dans le monde contemporain ainsi que de son influence sur la littérature.

Daniel Margueron – Introduction

Auteur, docteur es lettres, ancien professeur de lettres, ancien proviseur du lycée Samuel Raapoto, Daniel Margueron est un spécialiste de la littérature polynésienne.

La question de l’oralité et de ses évolutions en Polynésie n’est pas récente, elle se pose en fait depuis la publication/traduction de la Bible en tahitien, il y a bientôt deux siècles, car elle a eu comme conséquence l’apprentissage de la lecture et de l’écriture et donc une redéfinition de son espace culturel. La problématique se pose de nouveau aujourd’hui avec acuité compte tenu des transformations sociétales fondamentales que vit notre monde. Quel est le présent de l’oralité et quel sera son avenir en Polynésie ?

Valérie Gobrait – Historique de l’art oratoire’ōrero 

Épouse Tuaiva, Valérie Gobrait est née à Tahiti. Elle poursuit ses études en France et obtient une maîtrise d’ethnologie en 1989 et un DEA à l’INALCO Paris en 1991. En 1997, elle traduit Pouvana’a a O’opa de Bruno Saura. En mars 2000, elle est lauréate avec Patrick Araia Amaru du prix Henri Hiro (concours de poèmes en tahitien) décerné par Te Fare Tahiti Nui. Elle a rédigé un rapport conséquent sur l’historique du ’ōrero pour la cellule des instituteurs en formation LCP-Langues et Culture Polynésienne, sous l’égide du ministère de l’Education, initiateur du projet. Cette présentation historique et générale du ’Ōrero a été publiée en décembre 2008 dans un « Dossier pédagogique » destiné à proposer l’enseignement du ‘ōrero dans les écoles primaires. Elle a publié plusieurs ouvrages dont la pièce de théâtre Matari’i mise en scène en 2000 en tahitien à la Maison de la culture et publiée en 2008 avec son adaptation en français. Dans cet ouvrage très symbolique, toutes les formes de poésie orale sont présentes. Elle écrit aussi pour le théâtre : Le Partage de la terre publié en français dans L’Anthologie du théâtre océanien, éditions Au Vent des îles, en 2011. Elle a écrit de nombreux spectacles pour le Heiva dont un, en juillet 2007, pour lequel le jury du Heiva i Tahiti lui a décerné le prix du Meilleur auteur pour l’écriture de deux spectacles de chants et danses. Elle est actuellement professeure certifiée de tahitien-français au Lycée Paul Gauguin.

Flora Aurima-Devatine – L’Oraliture et la marque de l’oralité dans la littérature polynésienne

L’oraliture désigne tous les moyens de divulgation orale, de génération en génération, du savoir populaire. En ce sens, elle ne comprend pas seulement les contes ou les proverbes, mais aussi les formes de transmission d’autres domaines non littéraires.

Flora Aurima-Devatine, née à Temoto’i au Fenua Aihere, est une auteure et enseignante tahitienne (professeure d’espagnol en collège et lycée puis de tahitien à l’Université durant toute sa carrière). Elle est une des écrivaines qui participa au Renouveau culturel polynésien dès les années 1970. Auteure de plusieurs ouvrages de poésie en français et parfois en tahitien, elle obtient en 2017 le prix Heredia de l’Académie française pour son ouvrage Au Vent de la Piroguière, Tifaifai (éditions Bruno Doucet, 2016). Auparavant elle publie Humeurs (1980) ainsi qu’une réflexion novatrice sur l’art polynésien d’écrire dans Tergiversations et Rêveries de l’Écriture Orale (1998). Un ouvrage trilingue -français-tahitien-anglais Maruao, les ailes de l’infini (éditions Littéramā’ohi 2022)regroupe un florilège de ses écrits et des recherches concernant son œuvre qui est marquée par l’oralité :  elle a étudié le ’ōrero qu’elle pratique admirablement. Elle est une des fondatrices de l’Académie tahitienne dont elle fut la directrice durant plusieurs années jusqu’en 2023. C’est à son initiative que fut créée en 2002, avec d’autres écrivains polynésiens, l’association et la revue Littéramā’ohi qui publie des écrits en différentes langues de Polynésiens. Elle en fut longtemps la présidente. Son parcours est marqué par un engagement total en faveur de la culture polynésienne et des droits des femmes (elle fut déléguée d’état à la condition féminine entre 1979 et 1984). Elle parlera de la marque de l’oralité dans la littérature polynésienne et de l’oraliture.

Jean-Marc Regnault – Le travail de l’historien entre oralité et sources écrites

Né en 1944, Jean-Marc Regnault, agrégé et docteur en histoire, réside en Polynésie depuis 1984. Il est historien, maître de conférences émérite à l’université de la Polynésie française. Il est l’auteur de manuels scolaires adaptés à la Polynésie, mais surtout le premier chercheur à avoir travaillé sur l’époque de Pouvana’a a Oopa, sur les hommes politiques polynésiens et les essais nucléaires dont il a épluché les archives. Récemment il a porté ses réflexions sur l’évolution récente de l’Océanie, zone de plus en plus « convoitée ». Spécialiste de l’histoire contemporaine, ses nombreux travaux, livres, articles et actes des colloques organisés, font autorité. Il évoquera le travail de l’Historien qui doit écrire l’Histoire entre « mémoires » et archives en évoquant entre autres son travail sur l’histoire de Pouvana’a a Oopa pour lequel il a utilisé d’abord les témoignages puis après l’ouverture, même partielle, des archives d’autres sources écrites ce qui a permis de revoir ou de corriger les premiers acquis.  Il parlera également des méthodes divergentes entre historie

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1 réflexion au sujet de « Soirée culturelle de l’Association Taparau le 7 novembre : l’oralité en Polynésie »

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