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En Métropole et en Polynésie, s’agissant de politique et d’école, on s’immerge dans les généralités et l’irréalité conséquente. Ici et là, on semble ignorer qu’une rentrée scolaire se prépare. On diffuse des intentions habituelles qui font patienter les parents, prochains électeurs, du type : « les enfants sont notre richesse pour demain », « il faut, dans chaque classe, un enseignant », « chaque maîtresse absente sera remplacée le plus vite possible », « faisons cesser les maltraitances »… Et ce flot de paroles permet, pour quelques jours, de ne rien faire, sauf calmer les inquiets, tout en occultant l’immédiat.  

Exception : tel jeune ministre qui parle haut et à qui on enlève illico, « en même temps », la responsabilité de son domaine, au motif qu’il devient « régalien », soit du domaine présidentiel. Des « experts » rassemblés dans un « conseil scientifique », penchés sur les circonvolutions du cerveau, déclarent, enfin !, que… les résultats en français et en mathématiques, en sortie de primaire, sont désastreux. Dans cette dernière discipline, à l’entrée en 6ème, un fort pourcentage de collégiens ignore ce que sont les unités, les dizaines et les centaines ! Nous savions déjà qu’ils ne savaient pas lire. Au total, la France est classée dernière en Europe et nous avons pourtant les meilleurs mathématiciens du monde, obtenant régulièrement le Nobel (la médaille Fields). Notre Ecole est minable ! Chacun le sait depuis belle lurette. Et que vient faire la recherche sur le cerveau au moment d’organiser, en septembre, en urgence, l’entrée en classe de nos jeunots ?

Il en est de même chez nous où s’organisent rencontres, réflexions  et « débats », ministère et université rassemblés, « experts » sur l’estrade, pour réfléchir sur l’enseignement de nos langues polynésiennes alors qu’il faut  techniquement assurer une rentrée : transport des élèves, constructions de classe,  nominations d’enseignants… le ministère estimant que c’est l’affaire du Vice-rectorat, qui aurait la main sur la DGEE, le nouveau représentant de l’Etat  précisant, en sourdine et souriant, que c’est l’affaire de la Polynésie, pour le primaire au moins, depuis longtemps (plus de  30 ans !). J’en témoigne.

Pour alimenter les télés et la gazette quotidienne, on déverse images et pages de consignes générales où l’on rappelle des évidences : il faut accueillir gentiment les enfants, il faut éviter les congés, il faut associer les parents, il faut parler le tahitien à la maison… on s’en doutait ! A ce sujet, on nous en voudrait d’échouer à ne pas sauver nos langues régionales ou de nous contenter d’un charabia « reo tahiti », ce qui serait alors, pour les petites gens, langue de « relégation » et de « consolation ». Et pourtant, nos sociétés où fleurissaient nos langues ont tellement changé que leur disparition me semble inéluctable, quels que soient le talent des linguistes et la volonté politique. J’ai malheureusement vécu la disparition de la langue d’Oc, langue maternelle de mes parents. Le taire serait tricher.

Enfin, l’Autorité promet de revoir à la hausse le salaire des enseignants, ainsi que les modalités de leurs tâches.

Mais alors, comment expliquer l’attente de profs ici et là, si j’en crois ce que disent les gens de ma famille et de mon voisinage ?

Faute d’informations plus précises et de décomptes officiels, n’étant pas journaliste indiscret, j’écoute et vérifie, si possible.

Voilà, les papio sont fermés mais un nouveau spectacle commence. On rigole ?

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