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Alors que le Salon du livre se tiendra à Papeete du 16 au 19 octobre, la rentrée littéraire 2025 en Polynésie est marquée par l’arrivée d’un ouvrage autobiographique ambitieux, « Tahiti, une vie au fil de sa littérature ». L’auteur, Daniel Margueron, y retrace cinquante années d’engagements culturels au Fenua.

En plus de ce nouvel opus, Daniel Margueron, spécialiste de la littérature francophone en Polynésie, signe parallèlement deux articles de fond dans des revues océaniennes : l’un dans Confluences océanes (portant sur l’écrivain néo-calédonien Charles Malato et comprenant des entretiens avec des artistes polynésiens), et l’autre dans la revue de la Société des Océanistes (une synthèse sur les littératures polynésiennes). Ces publications s’inscrivent dans une démarche de longue date qui voit le chercheur, homme de lettres et de patrimoine, œuvrer à la fois comme critique rigoureux et passeur de la mémoire littéraire locale. En outre, ses interventions en colloque et ses contributions régulières à Pacific Pirates Média témoignent de son ancrage profond dans le monde culturel polynésien.

Un livre autobiographique sur Tahiti

Dans Tahiti, une vie au fil de sa littérature, Daniel Margueron propose une autobiographie littéraire qui mêle souvenirs personnels et réflexion critique. Publié chez ‘Ura Éditions et préfacé par l’écrivaine Flora Aurima-Devatine, l’ouvrage couvre ses « cinquante premières années de vie et d’engagements en Polynésie (1975-2025) ». Le ton y est volontairement intime, tout en explorant l’actualité culturelle et sociétale vécue par l’auteur. Comme il l’écrit lui-même, ce livre « au ton personnel » se veut « une porte d’entrée dans la Polynésie, où se conjuguent regards extérieurs et affirmations autochtones ». En somme, Margueron y trace un portrait de Tahiti vue à travers le prisme de la littérature locale, montrant comment les textes et leurs auteurs participent aux évolutions de la société.

Le volume est largement diffusé. Distribué en France, il peut être commandé dans n’importe quelle librairie ou sur les grandes plateformes en ligne (Amazon, Fnac, Cultura), et figure au catalogue de la Librairie L’Harmattan à Paris. Il est aussi en vente à la librairie Odyssey, à Tahiti. Cette accessibilité traduit la volonté de l’auteur de toucher un public large, tant en Polynésie qu’à l’international, pour faire connaître ce « demi-siècle » de littératures polynésiennes qu’il a côtoyées.

Deux articles récents dans la presse polynésienne

Par ailleurs, Margueron publie deux articles dans des revues spécialisées. Le premier est inséré dans le n°3 (septembre 2025) de Confluences océanes – la revue de Tāparau, l’association des écrivains et illustrateurs de Polynésie. Ce numéro de 306 pages est notamment consacré aux thèmes du tatouage et du sport dans le Pacifique, mais contient plusieurs dossiers variés. Daniel Margueron y consacre sa contribution à un écrivain méconnu : Charles Malato (1857-1939), anarchiste néo-calédonien qui passa son adolescence à Nouméa. Il retrace le parcours de Malato, ses rencontres (notamment avec Louise Michel) et la façon dont ces expériences l’inspirèrent dans des œuvres comme De la Commune à l’anarchie (1894) ou La Grande grève (1905). L’article, intitulé « L’adolescence et l’inspiration littéraire néocalédoniennes de Charles Malato », replace cet auteur oublié dans le contexte colonial du Pacifique et souligne la lucidité de son regard sur la société de l’époque.

Dans les mêmes pages, Margueron accompagne son étude de deux interviews : l’une avec l’enseignant et historien du sport traditionnel polynésien Enoch Laughlin (sur les sports traditionnels) et l’autre avec l’artiste tatoueur heriteen Heretu Tetahiotupa (sur le tatouage marquisien contemporain). Par ces entretiens, il enrichit son dossier de perspectives vivantes, à la fois patrimoniales et critiques, sur la culture polynésienne actuelle. Confluences océanes est disponible via l’association Tāparau (qui édite la revue), en version papier sur Amazon ou directement au Salon du livre de Papeete.

Le second article paraît dans le Journal de la Société des Océanistes (n°160/161, septembre 2025). Dans cette livraison, qui rend hommage à la militante kanak Déwé Gorodé (décédée en 2022), la contribution de Margueron apparaît en marge du dossier principal. Intitulé « Sillages littéraires polynésiens : littératures, bibliographies et critique littéraire en Polynésie française », cet essai offre une vue d’ensemble des enjeux contemporains des lettres polynésiennes. Il balaie de façon synthétique plusieurs problématiques : de la richesse et de la diversité des créations littéraires en Polynésie au fil des ans, aux outils disponibles (bibliographies spécialisées, ressources en bibliothèque ou en ligne) pour accéder à ces œuvres, jusqu’à l’histoire de la critique locale sur un siècle. Ce panorama érudit souligne l’importance de documenter et d’analyser le patrimoine littéraire polynésien, en lien avec la démarche patrimoniale de l’auteur, tout en l’inscrivant dans une perspective critique.

Au colloque Pierre Loti et à paraître dans la Revue d’Histoire littéraire

Outre ces publications, Daniel Margueron a participé en mai 2023 à Paris au colloque organisé pour le centenaire de la mort de Pierre Loti (1850-1923). L’Académie française et plusieurs institutions ont réuni chercheurs et étudiants des pays où Loti vécut (Maroc, Inde, Japon, etc.) afin de renouveler le regard sur cet écrivain aventurier. Invité à intervenir, Margueron a présenté une communication intitulée « Lectures et représentations de Loti en Polynésie », où il explore « la place très particulière et contrastée » qu’occupe Loti dans l’histoire polynésienne. L’écrivain, célébré pour ses récits de voyages, voit ainsi ressurgir son image à Tahiti : il y dispose d’une stèle commémorative dans la vallée de la Fautaua depuis 1932. Cette intervention souligne l’ambivalence du lien entre la littérature coloniale française et la mémoire locale, en écho à l’approche critique du chercheur. Les actes du colloque seront publiés début 2026 dans la Revue d’Histoire littéraire de la France (éd. Les Classiques Garnier), montrant que Margueron continue de faire dialoguer écriture coloniale et regard océanien.

Contributions régulières à Pacific Pirates Média

Parallèlement, depuis plusieurs années, Margueron publie tous les deux mois des articles dans notre magazine en ligne Pacific Pirates Média (maintenant gratuit). Ses contributions récentes illustrent la pluralité de ses centres d’intérêt, entre histoire littéraire, critique contemporaine et approche patrimoniale. Il a ainsi consacré, entre autres, des articles à l’écrivain oublié Bernard Villaret (1909-2006), à la critique de romans récents (Maeva nulle part de Mourareau, Henua de Marin Ledun), à une interview de l’éditeur franco-indien Raj de Condappa (fondateur des éditions Kailash), et même à une découverte d’archives méconnues. Par exemple, il relate sa trouvaille en France d’une série complète (9 numéros) du journal tahitien Le Réveil – Te Araraa (publié à Tahiti en 1932-33). De tels travaux, qui plongent dans la matière historique ou rassemblent témoignages et réflexions, montrent combien son engagement est aussi patrimonial : il exhume et préserve des fragments du passé pour alimenter la culture présente et future.

Ouvrages antérieurs et prochaines rencontres littéraires

Il convient enfin de noter que les précédents livres de Daniel Margueron demeurent disponibles. Ses ouvrages de référence sur la littérature polynésienne – Tahiti dans toute sa littérature (1989) et Flots d’encre sur Tahiti, 250 ans de littérature francophone en Polynésie (2015) – sont toujours édités chez L’Harmattan, en versions papier et numérique, pour la métropole (ils ne sont plus en vente à Odyssey, mais vous pouvez contacter l’auteur sur Facebook en message privé). Cet ancrage historique témoigne de sa longue contribution à la constitution et à la diffusion du patrimoine littéraire océanien.

En clôture de cette année 2025, Margueron sera par ailleurs présent aux salons du livre locaux : à Papeete du 16 au 19 octobre (avec une prise de parole le samedi matin) et à Raiatea du 25 au 29 novembre. Ces rencontres lui permettront d’échanger avec le public, de poursuivre les débats sur la littérature polynésienne et de signer ses ouvrages.

À travers ces nombreuses publications et interventions – livres, articles, conférences, revues numériques – c’est l’engagement profond de Daniel Margueron dans la vie littéraire de la Polynésie qui apparaît. Son travail articule constamment une démarche critique, pour analyser les textes et leur histoire, et une démarche patrimoniale, pour valoriser et transmettre la richesse culturelle de l’archipel. Sa production récente en est une nouvelle démonstration : elle participe à faire vivre la littérature polynésienne, tant dans les îles qu’au-delà des océans, à la croisée des regards « extérieurs » et des voix « autochtones ».

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