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Avec ce poème, Pascal Olin rend hommage à un ancien légionnaire de Rikitea, l’adjudant-chef (ER) Yves Scanzi. Il a souhaité narrer aux lecteurs de PPM l’histoire banale mais réelle d’un héros normal…

« Il est rustre, bourru, mal équarri
Son métier, assassin diplômé d’État
C’est ce qu’on lui a appris
Mais de ses services il n’en fait état.

Un beau matin, marchant
Pas très loin de chez lui
Il écoute, il entend
Comme un râle, un petit cri…

Sous sa corde de pendu
L’homme se débattait
Alors sans retenu
Il l’a sauvé !

Depuis, ce rustre, ce bourru, mal équarri
Le salue, lui dit bonjour
Ils savent et se sourient
C’est maintenant les beaux jours.

Peu de temps après, marchant
Pas très loin de chez lui
Il écoute, il entend,
Dans un crépitement, de grands cris !

La maison est enflammée
Dedans, enfermée, la famille
Il ne s’est pas fait prier
Ça le fourmille !

N’écoutant que son courage
Il s’est jeté dans les flammes
Ignorant l’entourage
Et ses vêtements en flamme.

Et lui, ce rustre, ce bourru, mal équarri
Par ce geste toute la famille a sauvé.
Quelques mots et des mercis,
Et ensuite simplement il s’est éloigné.

Plus récemment, sur le bord de la plage
Il a entendu des gens crier, appeler
Il a couru, il était en nage,
Un Bébé s’était noyé !

Le petit de dix-huit mois
Avait cessé de respirer
Le cœur en émoi
Il fallait vite se décider

Et lui, ce rustre, ce bourru, mal équarri
Il a patiemment appliqué
Ces gestes cent fois appris
Mais ce massage cardiaque n’a rien donné.

Il n’a pas voulu abandonner,
Mais il n’y croyait plus
Alors, il a cent fois recommencé
Et le miracle est survenu.

Et lui, ce rustre, ce bourru, mal équarri
A dit après un profond soupir
A cette mère éplorée qui lui disait merci
« C’est Dieu qui a voulu que cet enfant respire »

Il le sait lui dans son subconscient
Que si les mots sont invisibles,
Ils ne sont pas absents
C’est comme ça dans son île.

Il est rustre, bourru, mal équarri
Son métier, assassin diplômé d’État
C’est ce qu’on lui a appris
Mais de ses services il n’en fait état.
 »


Cette histoire, mes amis, est tout à fait réelle, c’est celle qui est arrivée à un ancien légionnaire de Rikitea, l’adjudant-chef (ER) Yves Scanzi.

Que sa route soit parsemée de fleurs ! Il est un exemple incroyable et il redore un peu le blason de la Légion.

Et si je peux m’enorgueillir, je vous dirais c’est mon AMI.

Pascal Olin

P.S. : Ne m’en veux pas mon Ami, car même rustre, bourru et mal équarri, tu n’es pas un vantard mais il fallait que ce soit connu.

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