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Le 11 décembre 2021 eut lieu à Huahine, devant le fare pōte’e de Maeva, une cérémonie en l’honneur de Bobby Holcomb, disparu il y a trente ans en 1991. Après un spectacle de chants et de danses fut découverte une magnifique statue en bronze de plus de trois mètres de haut représentant Bobby. L’auteur en est Evrard Chaussoy, peintre et sculpteur vivant à Raiatea. Il est important que ce premier numéro de Pacific Pirates Média rende également hommage à l’artiste qui mit durant quinze ans ses multiples talents au service des Polynésiens et continue à nous émerveiller par ses chansons et ses tableaux. Le livre de Dorothy Lévy et Bruno Saura Bobby L’enchanteur du Pacifique (éditions Au Vent des îles, 2013) permet de mieux connaître ce personnage hors du commun. C’est à partir de la lecture de cet ouvrage que nous évoquerons quelques-unes de ses facettes, ainsi que les grandes lignes de sa biographie.

Une enfance assez difficile et les prémices de sa carrière artistique (1947-1969)

Né le 25 septembre 1947 à Honolulu, Hawaii, d’une mère hawaiienne d’origine portugaise et d’un père métis de Noir américain et d’Indien d’Amérique du Nord, Bobby eut une enfance assez pauvre. Son père Robert Holcomb le reconnut mais ne l’éleva pas. D’abord pris en charge jusqu’à l’âge de cinq ans par ses grands-parents maternels (jusqu’à leur disparition), il fut repris par sa mère, très occupée à gagner la vie de sa famille monoparentale et vécut avec ses frères et sœurs, marqué par les absences de sa mère qui dansait dans les hôtels pour ramener de maigres cachets. En trop grande difficulté financière, elle confia ses trois premiers enfants, alors que Bobby avait à peu près onze ans, à un foyer d’accueil de Los Angeles tenu par un couple de Noirs américains, les Smith, qui finirent par prendre en charge l’éducation de Bobby qui n’avait pas trouvé de famille d’accuei …

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