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Récemment, l’ami Bruno Saura propose comme document pour comprendre la situation de Tahiti aujourd’hui, la réécriture du célèbre texte de Paul Gauguin Noa Noa. Plus d’un siècle nous sépare de ce témoignage du peintre sur la Polynésie d’antan. Récrire les mémoires de Gauguin signifie prendre en compte la profonde mutation anthropologique des îles polynésiennes et de leur culture.

Dans Noa Noa, Gauguin le narrateur raconte une journée de pêche en haute mer avec des compagnons tahitiens. Sa première proie est un thon “énorme”, occasion pour les autres pêcheurs de rires et chuchotements. Gauguin remet l’hameçon à l’eau et ressort un autre thon, objet à nouveau de sourires et de phrases mystérieuses. À leur retour, Gauguin demande à un jeune garçon la raison des rires qui avaient accompagné les deux captures. Le garçon lui explique que si le thon est ferré à la mâchoire inférieure, comme c’est le cas des deux prises, cela signifie que la compagne du pêcheur a été infidèle. En revenant à la maison, après avoir partagé le repas, Gauguin demande à Teha’amana : « – Tu as été bien sage ? – Oui. – Et ton amant d’aujourd’hui, était-il à ton goût ? – Je n’ai pas eu d’amant. – Tu mens, le poisson a parlé.  …

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