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Le 30 avril 2023, le Tavini remportait les élections territoriales avec 44 % des voix contre 38,5 % pour le Tapura. Exit donc le parti de Fritch qui faisait pschitt ! La population exprimait ainsi son ras-le-bol et sa volonté de changement. Alors, quel bilan peut-on dresser aujourd’hui pour le nouveau gouvernement aux commandes du Pays ? On a beau chercher, il n’y a pas grand-chose à se mettre sous la dent ; pourtant, le peuple a de plus en plus faim…

Déjà, lors du bilan des 100 jours, si le président de la Polynésie française affichait un optimisme à toutes épreuves, on s’interrogeait sur le cap qu’il allait prendre et on percevait des turbulences au sein du camp bleu ciel. Dans notre édito de septembre 2023, on écrivait : « Coincé entre le marteau et l’enclume, le lavalava entre deux chaises, Moetai Brotherson se voit forcé de faire le grand écart entre la Macronie et les indépendantistes purs et durs » (https://www.pacific-pirates-media.com/ledito-ppm-19-bilan-des-100-jours-moetai-brotherson-coince-entre-le-marteau-et-lenclume/). Mais on était conscient aussi qu’il fallait laissait un peu de temps à la nouvelle majorité de s’emparer des dossiers… et à Antony Géros de digérer que ce n’était pas lui « l’élu ».

Un an après l’élection de Brotherson, qu’en est-il ? Force est de constater que la situation n’a pas évolué, elle s’est même dégradée, au point que Moetai a dû demander publiquement à ses troupes de voter une motion de confiance à son égard, car « il n’y a pas une semaine qui se passe sans que quelqu’un vienne me prévenir qu’une motion de censure se prépare » (sic). Et les membres du Tavini de se lever comme un seul homme, au garde à vous. Une stratégie assez facile (on se demande si le résultat aurait été le même avec un vote à bulletin secret !) et plutôt maladroite (cela ne va pas rassurer la population, bien au contraire…). Toujours est-il que cette scène, qui a eu lieu le 11 avril dernier en pleine assemblée territoriale, illustre malheureusement la détérioration des relations entre le chef du gouvernement et ses troupes, qui se comportent tels des tupa dans un panier.

Moetai, l’homme qui a « stoppé l’inflation »

Par ailleurs, la lutte contre la cherté de la vie est un objectif affiché de la majorité depuis la campagne électorale de l’année dernière. Là aussi, un an après, rien de concret. Pourtant, le président du Pays affirme le contraire : « Nous avons tenu notre principale promesse de campagne qui était de supprimer la taxe CPS. Nous avons rendu aux Polynésiens et à l’économie 9 milliards. Nous avons stoppé l’inflation, alors qu’on ne vienne pas me dire que l’on n’a rien fait pour protéger le pouvoir d’achat des Polynésiens » (TNTV, 11 avril 2024). Et quand la journaliste lui rappelle qu’il faudra retrouver cette somme, Moetai Brotherson rétorque : « Non, parce qu’on change notre manière de travailler. Ce n’est pas 9 milliards qu’il faut compenser, il faut justement se poser les questions de fond, il ne s’agit pas de creuser un trou et ensuite de le remplir avec de la terre qui est à côté ».

Moetai se targue ainsi d’être l’homme qui a stoppé l’inflation. Les économistes, comme Florent Venayre qui écrit dans PPM, expliquent de leur côté que l’inflation baisse à cause des taux d’intérêt qui montent, décidés par les banques centrales. Surtout, l’inflation avait baissé avant même l’arrivée de Moetai, depuis janvier 2023.

Finalement, à part multiplier des annonces ubuesques comme « 25 % du PIB dans le numérique », « on a stoppé l’inflation » et « ils rêvent à Singapour d’investir en Polynésie sans aucune aide fiscale », ses deux seuls faits d’armes sont les suivants : une loi fiscale calamiteuse et la suppression de la taxe CPS, sans aucun effet sur les prix mais avec un effet dommageable sur les finances de la PSG.

Pour la première année de son mandat, le chef du gouvernement brille surtout par son absence. Aussi, lors du dernier Salon du livre, Moetai Brotherson a annoncé une suite au Roi absent : nous lui proposons Le Président absent.

Ensemble, faisons bouger les lignes… pour un vent de liberté !

Bonne lecture, te aroha ia rahi.

Dominique Schmitt

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