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Le mois dernier, PPM révélait en exclusivité une situation grave à Huahine, où des patients et le Syndicat de la Fonction publique (SFP) s’inquiètent quant aux « méthodes peu orthodoxes » utilisées notamment par l’un des médecins en poste, responsable du dispensaire. Suite à plusieurs décès, une pétition réclamant le départ du taote circule sur l’île et un audit interne a été réalisé, presqu’un an après les premiers signalements… Dans un courrier que nous nous sommes procuré, la Direction de la Santé assure que l’enquête a conclu au « fonctionnement efficace » du centre médical. Pourtant, nos sources sur place répètent à l’envi comment « la négligence », « le retard dans la prise en charge » et « l’incompétence » de certains agents mettent en danger les habitants…

Dans une lettre adressée le 23 mars dernier à la Direction de la Santé, le Syndicat de la Fonction publique (SFP) rappelait qu’il avait déjà eu l’occasion de lui « signaler les pratiques » du responsable du centre médical de Huahine (que nous nommerons Docteur X), « qui, pour ne pas se déplacer, pré-signe des ordonnances qu’elle enjoint aux infirmiers d’astreinte d’utiliser ». Et d’expliquer : « Nous ne cessons de recevoir de nouvelles attestations de patients ou de personnels faisant état de ces faits et de leurs conséquences plus ou moins funestes, des patients ayant été renvoyés chez eux avec de mauvais diagnostics ou sans prise en charge du tout. Plusieurs décès s’en sont suivis ou ont été évités de peu par l’intervention salutaire d’un tiers. » Le SFP dénonçait par ailleurs comment l’audit interne avait été effectué par la Direction de la Santé : « Sur place, plusieurs infirmiers n’ont pas été auditionnés lors de l’audit, ce qui interroge sur la méthodologie retenue. Il semble que le responsable du dispensaire a imposé ce mode de fonctionnement (ordonnances pré-signées à compléter par les infirmiers) à ses collègues permanents ou itinérants (…). Je vous joins cinq attestations de patients ou de professionnels exposant ces faits susceptibles de relever soit de faux ou de complicité de faux, de mise en danger de la vie d’autrui, voire d’homicide involontaire. » (Lire le précédent article ici)

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