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Le 12 mai 2022, l’équipe de recherche internationale Event Horizon Telescope dévoilait à la presse du monde entier la première photographie du trou noir qui occupe le centre de notre galaxie. Je vous vois esquisser, chers lectrices et lecteurs, un sourire indulgent ou émerveillé. Un haussement d’épaules imperceptible ? S’arrêter sur l’actualité cosmologique pourrait paraître presque insultant à l’égard d’une actualité collective toujours pleine de défis (euphémisme poli, un peu désespéré). Je voudrais tenter quand même avec vous cette évasion.

Peu d’objets physiques emblématisent l’étrangeté aussi radicalement que le trou noir. Pour une contemplation des limites de l’entendement humain, promenons-nous au bord de cet objet de l’extrême, que les ouvrages de Stephen Hawking, notamment, ont rendu célèbre. S’il était une figure de style, on pourrait dire que le trou noir est simultanément une hyperbole et un oxymore : condensé extravagant de matière, insatiable dévoreur de lumière, il est le lieu de tous les excès et de tous les contraires ; il est le point de défaillance même de l’espace-temps …

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