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À Tahiti, même si l’on ne voit plus guère les jeunes gens gratter la guitare le soir sur les parapets des ponts qui entourent l’île, on aime toujours chanter, on bringue et on danse, on chante beaucoup, des himene ruau, nota ou tarava à la chanson de variété et autres rythmes appelés « boston ». On crée, on reprend, on adapte : tout un panel d’œuvres profanes ou religieuses d’inspiration ancienne ou contemporaine, locales ou extérieures s’élèvent dans la nuit tahitienne. S’il est donc un art populaire que les Polynésiens aiment et maîtrisent totalement ou qu’ils se sont appropriés dans ses formulations étrangères – notamment l’opéra, n’est-ce pas Emmanuelle Vidal, Steeve Mai ou Tinalei Mahuta[1]? Depuis peu, enfin, le livre d’Ernest Sin Chan Musique locale et identité et le dernier numéro du BSEO (N° 357 d’août 2022) présentent la chanson polynésienne à travers son histoire, son évolution, sa diversité, son foisonnement, à l’image de la société polynésienne traversée par de nombreux courants culturels dynamiques.
Retrouvez la 2e partie de ce dossier dans notre édition le mois prochain

Dans cet article, je ne vais pas reprendre ce qui a déjà été écrit, mais adopter un point de vue différent en présentant quelques chanteurs français qui ont mis en musique la Polynésie depuis une soixantaine d’années. Il n’y a pas de volonté exhaustive dans cet aperçu, simplement mon désir de rendre compte des trouvailles que j’ai faites au cours des nombreuses années d’écoute et de passion pour la chanson française, d’abord celles dites de la « rive-gauche » à celle plus populaire et la moins engagée …

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