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PPM lance une série de présentations d’auteurs d’œuvres littéraires polynésiens, autochtones ou vivant en Polynésie, en respectant ce déroulé : d’abord une présentation biographique de l’auteur, puis une interview ou un article de l’auteur présentant son œuvre et enfin un bref extrait d’une de ses œuvres. Titaua Peu, écorchée vive à la plume talentueuse, ouvre le…

LA BIOGRAPHIE

Titaua Peu est née en 1975 à Nouméa de parents venus de Tahiti : une maman originaire de Nuku Hiva aux Marquises et un papa originaire de Taha’a (Îles Sous-le-Vent). Ses parents étaient partis en Nouvelle-Calédonie en 1968 pour des raisons économiques : son papa travaillait comme chauffeur dans une entreprise de nickel. Sa maman était femme au foyer et s’occupait de leurs quatre enfants. Titaua, dont le nom signifie « invitée des dieux », est la petite dernière de cette fratrie-là.

En 1977, ses parents revinrent à Tahiti et deux ans après, ils se séparèrent, et la maman se mit à travailler beaucoup à la fois comme femme de ménage et comme serveuse dans un restaurant, si bien que sa sœur aînée joua un peu le rôle de deuxième maman. Ils vivaient assez pauvrement dans le quartier populaire de la Mission. L’enfance et l’adolescence de l’héroïne de Mūtimes(son premier roman) ressemble beaucoup à celle de Titaua (par contre la suite, inspirée par l’actualité du pays en 1995, est inventée).

C’était une petite fille à la fois rêveuse, boudeuse parfois et révoltée très tôt par les inégalités sociales très fortes de son pays. « Petite dernière », elle avait l’impression d’être un peu un « boulet » pour ses sœurs. Elle commença dès l’âge de 8 ans à s’intéresser beaucoup à la lecture (pas de télé dans le foyer). Non seulement, elle lut des livres de la collection verte mais tous les manuels « Lagarde et Michard » de son grand frère et se bâtit petit à petit une solide culture littéraire. Dès l’âge de 10 ans, elle se passionna pour les poèmes d’Arthur Rimbaud, puis pour les livres d’Emily Brontë. À l’adolescence (au collège), elle acquit une conscience politique par rapport à des causes comme celles de la Palestine et par rapport aux problèmes de son propre pays (entre autres, le nucléaire).

Elle fréquenta l’école des sœurs, puis le collège La Mennais où elle se sentait ostracisée à cause de son origine sociale et donc se scolarisa ensuite au lycée Paul Gauguin (dont elle n’aime pas le nom !) où elle était une excellente élève dans les matières littéraires. Au lycée, Titaua pensait déjà devenir un jour écrivain.

Après le bac, passé en 1994, elle obtint en 1995 une bourse pour des études de philosophie, matière qu’elle choisit plutôt que les Lettres pour pouvoir partir à Paris (pas de formation en philo à Tahiti) car elle avait besoin de « couper le cordon ombilical », d’élargir son horizon et de « chercher ailleurs les mots de la révolte ». Elle vécut à distance les événements de 1995 car elle venait de partir mais se sentit très impliquée. Elle aima beaucoup Paris et ses études de philosophie à la Sorbonne, découvrit de nombreux auteurs dont des romanciers américains. Depuis l’adolescence, elle écrivait des poèmes et un journal intime mais entre 20 et 22 ans elle se mit à écrire plus sérieusement. En fait son premier roman, Mūtismes, commencé en France fut terminé lors de son retour à Tahiti en 2002. Elle revint de France, maman d’un petit garçon et travailla assez vite pour le journal To’ere du parti indépendantiste, le  Tavini Huiraatira dont elle devint un membre actif et la « plume ».      

Son livre fut publié en 2003 grâce à sa grande sœur, qui le sortit du tiroir où Titaua le laissait « dormir » par manque de confiance en elle, pour le présenter à des éditeurs. Et c’est ainsi que Mūtismes vit le jour aux éditions Haere Pō et eut un grand succès en Polynésie, passionnant les uns et scandalisant les autres. Ce livre, écrit par une jeune Polynésienne, dans une langue « crue » mais jamais vulgaire et très originale dénonçait toutes les injustices de la société polynésienne, les problèmes liés au nucléaire, aux inégalités sociales, à l’alcool, etc. Dans une société, à l’époque très autoritaire, marquée par une atmosphère violente, Titaua se sentait « un peu surveillée » et très « attendue au tournant » ; cela fait partie des raisons pour lesquelles elle attendit dix ans avant de se remettre à l’écriture en dehors du fait qu’elle s’occupa de son travail et de ses deux enfants (une petite fille naquit en 2004).

En 2016, parut son deuxième roman Pina, une véritable fresque familiale (une famille d’un milieu très défavorisé, broyée par les vicissitudes de la vie urbaine et l’alcoolisme du père). Dans ce livre, aux nombreux personnages, sont dénoncés tous les problèmes et les travers de la société polynésienne actuelle. Le personnage principal, Pina, une petite fille, rejetée par sa mère, qui va sur ses 10 ans, vit une véritable tragédie mais sait faire preuve de résilience. Ce livre, plein de rebondissements, est dans la lignée des livres de Faulkner, de Toni Morrison, de Michel Houellebecq, d’Alan Duff. Il a obtenu le prix Eugène-Dabit du roman populiste en 2017. Il est traduit en américain et sortira aux USA en août 2022.Mūtismes qui était épuisé a été réédité en 2021 aux éditions Au Vent des îles.                                                                                                                                        

Titaua Peu, toujours très engagée, même si elle n’est plus membre d’un parti, se consacre, actuellement à l’écriture. Elle vient de bénéficier de deux mois en résidence d’écrivain à Mangareva et Taha’a. Elle y a écrit mais aussi rencontré des lycéens et collégiens. Elle va également partir en résidence d’écrivains à Paris entre août et novembre 2022.

Nous attendons, avec intérêt, voire impatience, son futur livre, en gestation, un roman d’anticipation dont elle nous a livré le nom : Disruptive.    

L’INTERVIEW                                                    

Quelles sont les raisons et les « pulsions » diverses qui t’ont poussée à écrire, toi, jeune Polynésienne à la fois très instruite et venue d’un milieu social peu favorisé ?

« J’aime les mots, l’écriture, la littérature (la lecture) et je suis d’une certaine manière née révoltée car, après un premier enfant (un fils adulé) et deux filles, mon père souhaitait la naissance d’un autre garçon. Il me fallait trouver ma place. Par la suite, très vite, j’ai été révoltée par les conditions de vie de beaucoup de gens de mon pays. J’ai exprimé par l’écriture cette révolte et j’ai voulu faire passer des messages, spécialement aux jeunes de mon pays pour que ce qui est révoltant ne se reproduise plus. »

Quand on lit tes œuvres, que ce soit Mūtismes ou Pina, on est frappé par l’empathie immense dont tu fais preuve par rapport à tous tes personnages et à l’absence de jugement. Pas de parti pris, « un état de la société polynésienne » à travers des romans et le lecteur « choisit son camp », même si toi tu as des engagements. On a le sentiment que ta colère est dépassée, transcendée par l’art, ce qui est le propre de la vraie création artistique. Es-tu d’accord ?

« Oui, je suis entièrement d’accord mais ma colère demeure, pas dans mes œuvres, mais dans ma vie en tant que femme, maman, citoyenne, etc. »

Dans Pina, il y a beaucoup de personnages mais seulement trois voix qui s’expriment directement à part dans de courts dialogues : celle de la narratrice omnisciente, celle de Pina et celle de Michel (inspiré par Michel Houellebecq). Pourquoi ce choix ?

« En fait pour moi, ce roman est un chant choral à trois voix. Je tenais à donner sa voix à l’enfant rejetée : Pina. En fait son personnage m’a été inspiré par un horrible fait divers qui s’est déroulé il y a de nombreuses années à Moorea : un petit garçon est mort à force de sévices infligés par sa mère. Pina est maltraitée aussi, même si c’est de façon moins extrême. Quant à Michel, effectivement, son personnage m’a été inspiré par le romancier Michel Houllebecq que j’apprécie particulièrement. Lui donner une voix me permet d’exprimer mon admiration pour l’écrivain. »

Ton style : tu parles dans une interview d’« écriture naturelle », moi je vois une écriture très originale, des mots « crus » mais aucune vulgarité, et une dimension poétique très présente. Beaucoup de symboles aussi (le linge lavé à la rivière), un style « unique ». Tu travailles peu ton écriture vraiment ?

« Oui, c’est vrai, mon écriture est naturelle, mais il faut savoir que je porte en moi les mots dans ma tête longtemps, comme une musique, et que, quand j’écris, ils se mettent en place. »

Un texte en italiques à la fois morbide et poétique, très saisissant, débute le roman et revient ensuite cinq fois dans Pina. Il évolue et s’étoffe au fil du roman après certains chapitres. La fonction de ce texte ? Tu écrivais de la poésie dans ta jeunesse, est-ce lié ?

Je cite le texte écrit avant le tout début du roman :

Calmement, c’est excessif ce calme. Il laisse entendre que

« Un petit corps balance. Plutôt, il tournoie à demi.

Le dernier sursaut a eu lieu c’est plus la peine. »  

« Ce texte, c’est une musique que j’ai portée longtemps en moi, comme certaines mélopées que chantait ma maman marquisienne, ces mélopées nostalgiques qui précèdent parfois les hakkas. Je ne suis pas poète mais j’ai un grand amour pour la poésie de Rimbaud, de Baudelaire, aussi. Ce texte donne un aspect dramatique au livre et finalement surprend.

Réflexion : finalement Pina ne meurt pas comme on s’y attend !

Oui, au départ, je pensais faire mourir Pina, mais je n’ai pas pu m’y résoudre et puis sa résilience est un message d’espoir. »

Beaucoup de rebondissements, de surprises dans la construction de ton roman Pina, comme dans ton écriture. Le lecteur est emporté dans un tourbillon. Pourquoi la prolepse (récit raconté avant les faits) du viol de Pina par son père se trouve-t-elle avant l’évocation des meurtres commis par celui-ci chez les débauchés de Punaauia, la poursuite, son retour blessé, l’arrivée de Ma, des frères et soeurs juste à temps ? Une façon de mettre ce moment « à part » ?

« J’ai eu beaucoup de mal à écrire le viol de Pina par son père, l’écrire a été terriblement douloureux pour moi. Je crois même que c’est une des raisons pour laquelle j’ai mis beaucoup de temps à écrire ce roman. Je redoutais d’écrire ce passage. Je montre d’abord le père comme une bête immonde alors qu’il vient d’avoir un rôle de justicier pour abattre des hommes qui abusaient de jeunes filles pauvres en les droguant. Auguste, justicier, se transforme ensuite, à son tour, en monstre comme s’il était traversé, dans sa folie par une contradiction. J’ai commencé par le plus horrible. »

Dans Pina, une définition magnifique de « L’amour absolu »  dans le chapitre qui porte ce nom : « L’amour tout simplement. Terrible ce sentiment qui fait qu’on dit oui à la mort, parce qu’on a atteint la plénitude » (voir L’EXTRAIT en fin d’article). C’est un message que tu fais passer comme l’évocation de l’amour entre l’héroïne et Rori dans Mūtismes, de Tante Poe et Anuanua et de Pauro et François dans Pina ? Un hymne à l’amour ?

« Oui, dans cette vie sordide que vivent beaucoup de personnages, il était important que soit évoqué la possibilité d’amours véritables, inconditionnels. »

Mūtismes et surtout Pina : des livres profondément féministes ?  Des personnages féminins très forts dans les deux livres et dans Pina l’évocation de viols, d’incestes, de profits odieux sur la misère de jeunes filles qui se prostituent (dont Rosa, sœur de Pina), évocation aussi de jeunes filles pauvres droguées et abusées par de riches débauchés. Certaines femmes : Hannah et Ma disent qu’elles sont « mortes » tant elles ont été maltraitées. Et c’était avant le mouvement « me too » ! Comment te situes-tu ?

« Je suis totalement féministe, mais je pense qu’il faut inclure les hommes dans la démarche féministe. Eux aussi doivent soutenir le combat des femmes pour que l’harmonie puisse exister. »

Par ailleurs, dans tes œuvres, on trouve des évocations de façon très précise et « naturelle » de la sexualité et du plaisir féminins qui font penser que tous les hommes devraient lire Mūtismes et Pina ! C’est important pour toi de lever le « tabou » concernant la sexualité, et spécialement la sexualité et le plaisir féminins ?

« Moi, je n’ai pas de tabou et il faut être naturelle pour parler du sexe, mais c’est un exercice de style. C’est difficile d’écrire bien des scènes d’amour physique que ce soit entre homme et femme ou entre deux hommes, comme Pauro et François dans Pina. Il faut aussi dénoncer, en l’évoquant, le viol conjugal et le machisme de certains hommes. »

Une dénonciation des addictions, entre autres celles à l’alcool, omniprésent, qui détruit tout dans les deux livres (les deux pères, entre autres) et qui est un symptôme. De quoi ? Du « mutisme » de ces gens qui subissent et sont conduits soit à l’évasion du réel soit à la violence ou à l’alternance des deux ?

« Je crois que l’abus d’alcool s’explique par le sentiment d’un vide qu’il faut remplir. On ne s’aime pas. Non seulement, nos ancêtres ont été dénigrés, mais, encore de nos jours, beaucoup de Polynésiens se sentent « nuls », inférieurs. Et puis, l’amour n’est pas assez dit ! »

Pina, comme Mūtismes, a une dimension d’engagement politique avec, à la fin de Pina l’avènement d’une indépendance suite à un référendum que la France pensait gagner et dont elle n’accepte pas le résultat. Il est aussi question de la guerre franco-tahitienne à travers le personnage de Matahi, arrière-grand-père d’Auguste dont le souvenir le hante.

« J’ai toujours été engagée politiquement et je le suis encore sans être dans un parti. »

Comme dans Mūtismes, on trouve dans Pina le thème du nucléaire. Dans Mūtismes par l’évocation des événements de 1995, dans Pina par l’intermédiaire de la maladie du personnage tellement positif de Anuanua qui a travaillé des années à Moruroa et meurt d’un cancer généralisé. Un de tes engagements ?

« Oui, évidemment, c’est un de mes engagements. Depuis petite, je voyais chez nous des photos de Moruroa et de la bombe car mon beau-père travaillait à Moruroa, mais on ne connaissait pas encore tous ses effets délétères. Il faut cependant reconnaître que certaines familles ont bénéficié d’un meilleur niveau de vie grâce au travail à Moruroa, mais d’autres se sont appauvries et il y a eu beaucoup de mouvements de population… et surtout les retombées des essais. »

Pina, malgré les drames, un livre optimiste ? Pina,  contrairement à la petite Grace d’Alan Duff dans L’Âme des guerriers, et une partie de sa famille sont résilients. Un message d’espoir ?

« Oui, tout à fait, car j’aime ce pays et finalement je suis optimiste. En fait, on peut sortir de son destin, même si certains n’y parviennent pas. Et c’est cela qu’il faut montrer. »

As-tu des personnages préférés dans Pina ?

« En fait, je les aime tous, même Auguste (les gens sont contradictoires), mais j’ai une préférence pour Pina (bien sûr), Pauro et Auguste Junior qui traversent le pire mais sont résilients. Pour eux, la malédiction familiale est cassée à la fin. »

Tes projets. Peux-tu nous dire quelques mots sur ton futur livre ?

« Je ne veux plus écrire de livres sur les problèmes sociaux de mon pays. Ce livre, Disruptive, est un livre de science fiction, purement dans la fiction, cela reste un roman, mais il fait intervenir beaucoup de personnages venus des quatre coins du monde. Il commence en Afrique du Sud. C’est un livre noir, une tentative de parler du destin mondial. »

L’EXTRAIT : PINA – CHAPITRE « L’AMOUR ABSOLU », PAGES  227 à 229

La veille, Ma, la mère de famille a été « rossée » très violemment par son mari, Auguste, qui a également donné un violent coup de pied au bas du dos à Pina et insulté Pauro, un de ses grands fils qu’il traite de « mauviette ». Le lendemain, écœurés par le « repentir » du père, Pina et Pauro (le seul qui aime Pina) quittent tous deux la maison pour aller faire, comme à l’ordinaire, la lessive de toute la famille à la rivière. (Pas de machine à laver à la maison !).

« Il a appelé sa sœur et tous deux sont allés au fond de la vallée, le bac de linge sale, le cube de savon et le battoir dans les mains. Pina traînait un peu, on pouvait dire qu’elle était cassée en deux. Pauro a ralenti sa course, encore bouillonnant de colère et de mépris.

Dans un bassin naturel, le linge de la maison trempait. Des draps pleins de sang, douloureusement maculés. Pina n’a pas pu s’empêcher de frissonner. Tout ce sang, c’était insupportable. Les taches avaient foncé, durci. Comment nettoyer tout ça ? Pauro se tenait debout. Grave, pensif. On attendra, dit-il. Oui, l’eau pouvait, jusqu’à un certain point enlever cette merde. Pina, le visage dur, a commencé à s’acharner sur les brassières de Moïra, sur les culottes infâmes de Rosa. Dans l’eau flottaient des bulles blanches et l’odeur très particulière du savon de Marseille, un peu piquante, finit par la rassurer. Elle battait, battait. Pour que cela devienne blanc, pour oublier aussi. Et puis elle s’acharnait, vraiment. Pauro vit bien son manège, son désarroi, ses pensées qui s’envolaient. Il était chargé de rincer le linge, de le tremper une nouvelle fois dans l’eau claire, d’essorer enfin. Il vit bien qu’elle s’en allait, comme Ma, la veille, elle aussi, et surtout elle, Pina. Il attrapa une boule de mousse blanche, la lui balança sur le visage, comme ça pour rire un peu.  Elle en avait été surprise, c’est sûr puis elle a rigolé, c’est tout ce qu’elle pouvait faire. De la mousse de Marseille, des bulles légères, des rires – les leurs – emplissaient le fond de la vallée, où tombait une minuscule cascade, où personne ne s’aventurait, à part, peut-être les pauvres. Ils en étaient venus aux mains, à essayer de pousser l’autre dans l’eau froide. Ils avaient presque tout oublié et Pina sentit l’amour… absolu. Parce qu’elle avait été dans le corps de son frère, de son Dieu, parce qu’elle a senti sa peau dure, douce, les muscles de ses bras, les veines se tendre. Parce qu’elle a aimé le souffle mâle sur sa nuque, dans son cou. Parce qu’un feu naissait et grandissait à chacun de ses sourires. L’amour tout simplement. Terrible, ce sentiment étrange qui fait qu’on dit oui à la mort, parce qu’on a atteint la plénitude. On l’a connue, alors tout peut s’arrêter. Alors Pina a pensé qu’elle pouvait s’arrêter là.

Elle se mit à observer les cheveux de son frère collés aux épaules. Ils se reposaient au soleil. Quelques mouches venaient parfois les emmerder, mais c’était gentil. Les draps gonflés d’eau avaient perdu leurs taches immondes. Bientôt la lessive sera terminée. Le soleil était bien haut. Bientôt il faudra rentrer. »

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