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L’ouvrage Urgence écologique au Fenua – Petit guide pratique pour tous, sous la direction de Sylvie LARGEAUD-ORTEGA (éditions ‘Api Tahiti, 2023), est à lire absolument. Ce petit guide sans prétention, mais riche de nombreux enseignements et « recettes », a donné lieu également à une conférence organisée par l’association Tāparau (lire aussi notre précédent article). Des dédicaces…

Jeudi 4 mai 2023 eut lieu à la Maison de la culture de Papeete une conférence débat organisée par l’association Tāparau dont la titre était « En Littérature, le climat est (enfin) à l’écologie ». Il s’agissait de donner la parole à cinq des onze auteurs qui ont rédigé les sept articles du livre Urgence écologique au Fenua, Petit guide pratique pour tous, illustré par l’illustratrice FLOH. Les articles sont précédés d’une introduction par l’instigatrice du projet : Sylvie LARGEAUD-ORTEGA, professeure des Universités en anglais à l’Université de la Polynésie française mais aussi militante associative écologiste convaincue qui vit et travaille en Polynésie depuis 1999. La conférence a été suivie d’un débat très animé.

LE PROJET                                                                                                                                                   

Sylvie LARGEAUD-ORTEGA, consciente de l’urgence d’actions ou du moins de la nécessité de modifications, même minimes, de certains comportements des habitants de la Polynésie française a obtenu de donner, en plus de son enseignement en littérature anglaise, vingt-quatre heures de cours annuelles à l’Université pour sensibiliser les étudiants à « l’urgence écologique au Fenua ». Pour se faire, elle a sollicité des spécialistes, dont la plupart sont autochtones, et certains très jeunes, afin que les étudiants puissent s’identifier à eux, venus de diverses associations écologistes. Elle et ses amis ont eu l’idée de toucher par l’intermédiaire d’un livre toute la population polynésienne en offrant dans sept chapitres des approches diverses mais complémentaires des problèmes relatifs à la préservation de l’environnement au Fenua.

Le choix a été fait de rédiger des articles assez brefs mais bien écrits (ce qui permet de parler de littérature, ces articles formant une sorte d’essai), qui évoquent la situation mais aussi proposent des pistes que tout un chacun peut emprunter en fonction de son désir de remédier à une situation préoccupante.

Diverses personnalités de diverses associations, (pas forcément celles qui sont intervenues à l’Université), ont répondu « présent » et ont accepté de rédiger bénévolement un article dans le « format » proposé, la dessinatrice FLOH l’a illustré et l’éditeur Jean-Luc BODINIER (éditions ‘Api Tahiti) a été séduit par ce projet et a réalisé un ouvrage du coût le moins élevé possible. Le livre vient de sortir (avril 2023).

LE LIVRE

Ce livre traite de tous les problèmes évoqués en Polynésie française et propose des solutions dont beaucoup sont à la portée des lecteurs.

L’INTRODUCTION est évidemment rédigée par Sylvie LARGEAUD-ORTEGA qui insiste sur le fait que l’être humain, le ta’ata, fait partie intégrante de l’environnement et rappelle à quel point les anciens Polynésiens étaient respectueux de l’environnement avant de présenter sobrement le contenu du livre. Elle signale que ce livre est bien un « guide pratique ».

NB : les illustrations de FLOH donnent au livre une dimension ludique et parfois humoristique qui allège la gravité du sujet

LE PREMIER CHAPITRE est rédigé par Stéphane BITOT, ingénieur spécialisé dans les énergies : en Polynésie depuis 2012, il travailla en Polynésie française pour le gouvernement entre 2016 et 2020 et, actuellement, est assistant à maîtrise d’ouvrages pour les porteurs de projets d’énergie renouvelables et enseignant vacataire à l’UPF. Sa contribution a pour titre L’ÉNERGIE PRODUIT DOPANT DE NOTRE SOCIÉTÉ. Dans ce chapitre, il définit l’énergie, explique à quel point elle est devenue importante et source de progrès mais aussi en quoi les énergies fossiles représentent un danger pour le climat si elles sont polluantes et aussi en quoi l’énergie peut devenir une sorte de « drogue » et générer des problèmes. Puis il propose des alternatives qui consistent en partie à devenir plus sobre, à recourir à l’économie circulaire ainsi qu’aux énergies renouvelables le plus possible. Exemples : les individus peuvent équiper leur maison de panneaux solaires, pratiquer le co-voiturage, acheter plutôt une petite voiture, etc.

LE DEUXIÈME CHAPITRE est l’œuvre de Yann FOLLIN, né à Tahiti où il travaille depuis 2016 pour un réseau d’observation des lagons qui dépend de la Direction des Ressources marines après des études en océanographie côtière à l’Université de Bordeaux. Il traite dans son chapitre de L’OCÉAN, SOURCE DE VIE. L’auteur rappelle pourquoi l’océan « régulateur du climat, source de nourriture, source d’émerveillement » est si important pour nous tous. Il expose le phénomène des courants et leur impact et aussi les problèmes que posent le réchauffement climatique, l’acidification liée à ce phénomène, l’accumulation de déchets de plastique et la surpêche et propose des solutions pour un rapport plus harmonieux à l’environnement concernant l’océan. En font partie la création de zones protégées, qui reprennent la pratique ancestrale du rahui, la mise en place d’une aquaculture durable et un comportement de citoyen responsable pour protéger l’océan et suggérer (souvent par le biais d’associations) des solutions alternatives à des projets destructeurs ou polluants.

LE TROISIÈME CHAPITRE est l’œuvre de trois auteurs, il s’intitule AU SECOURS DE NOS PLANTES, OISEAUX ET RIVIÈRES. Après un rapide état des lieux chaque co-auteur parle de son domaine de prédilection, met en garde et propose des actions qui peuvent aider à résoudre en partie certains problèmes : que ce soit arracher certaines plantes envahissantes et en planter d’autres y compris dans son jardin ou sa cour, protéger certains oiseaux en voie de disparition dans des zones protégées (quitte à en éliminer d’autres par exemple les merles ainsi que les rats et d’autres nuisibles), désencombrer le lit des rivières et ne pas laisser le sol nu à proximité des rivières (érosion des sols), ne pas  bétonner les berges (ce qui provoque des débordements en cas de crue), etc. Une mise en garde est faite aussi contre les importations de plantes nouvelles d’une île à l’autre ce qui peut favoriser la transmission de maladies ou l’arrivée de la redoutable petite fourmi de feu. En fait les auteurs recommandent de s’inspirer des initiatives prises en Nouvelle-Zélande pour protéger la biodiversité. Les sujets sont traités respectivement par Jean-François BUTAUD, ingénieur forestier, docteur en chimie moléculaire pour les plantes, Caroline BLANVILLAIN, vétérinaire et militante associative pour la sauvegarde des oiseaux et Matthieu AUREAU docteur en hydrologie et hydrogéologie pour les rivières.

LE QUATRIÈME CHAPITRE, rédigé par Riki WONG YEN, avec la participation de Lolita WONG YEN s’intitule UNE ÉCOACTION AU BOUT DE LA FOURCHETTE et traite bien sûr de l’alimentation. Le rédacteur de l’article est diplômé du lycée hôtelier de Saint-Quentin-en-Yvelines et a été longtemps le chef du restaurant « Le Dragon d’or » à Papeete. Depuis 2010 il milite dans diverses associations et donne des cours de cuisine au Fare Hau Tahiti qu’il a fondé ainsi que dans des écoles et divers salons, foires etc. pour promouvoir « le manger simple et local » (mais gourmand). A collaboré à l’article Lolita WONG YEN, titulaire d’un MBA en gestion finances. Depuis 2010 elle est engagée auprès du Fare Hau mais enseigne aussi le yoga, la méditation et la CNV – Communication Non Violente.                    

Les auteurs préconisent le ma’a pacifique ce qui permet d’agir à de nombreux niveaux: réduction de l’empreinte carbone, développement du tissu social, qualité alimentaire (produits bio bons pour la santé qui permettent de lutter contre l’obésité, liée entre autres aux perturbateurs endocriniens conséquences de l’emploi de pesticides) suppression des pénuries etc. Donc le ma’a pacifique commence au fa’apu (potager) : culture sur des sols sains et sans pesticides, utilisation d’engrais naturels). En Polynésie, désormais des labels bio permettent au consommateur de s’y retrouver. En ce qui concerne la façon de cuisiner les produits locaux Riki WONG YEN propose aux lecteurs des recettes, entres autres à base de ‘uru (arbre à pain) et indique aussi comment consommer nombre de produits locaux.

LE CINQUIÈME CHAPITRE, rédigé par Loanah WONG, traite de L’ÉCONOMIE CIRCULAIRE. Cette Polynésienne de 28 ans est titulaire d’une maîtrise en gestion de l’environnement. Elle est conseillère en économie circulaire auprès de diverses entreprises et travaille depuis 2021 pour la Direction des Ressources Marines sur le problème de la gestion des déchets.

Dans son article, elle dénonce « l’économie linéaire » : « Extraire-transformer- consommer-jeter ». Or beaucoup d’articles même recyclables ne sont pas produits à Tahiti et ont une forte empreinte carbone, ne serait-ce que pour leur transport, et, par contre, beaucoup d’objets finissent dans la nature. De plus des problèmes d’approvisionnement peuvent apparaître, comme on l’a vu lors de la crise du COVID. Il faut donc, selon l’auteure, produire local quand c’est possible, penser à réutiliser les matériaux et refuser « l’obsolescence programmée » mais aussi gérer correctement de nombreux déchets.   

De plus, elle explique que les déchets à l’air libre, quant à eux, génèrent un liquide polluant le « lixiviat » qui va polluer les rivières et faire blanchir les coraux du lagon. Tout est lié : traitement des déchets, qualité de l’eau, préservation des rivières et des lagons, agriculture, environnement.      

En fait, il faut revoir les modes de consommation pour éviter le plus possible de générer des déchets non valorisables sur Tahiti. Face à tous ces problèmes, il y a nécessité selon l’auteure d’une économie circulaire : l’idéal est de tendre vers l’éco-efficacité : zéro émission, zéro produit chimique, zéro déchet, zéro impact. Un exemple cité :  le ‘uru (arbre à pain), produit local (donc pas d’empreinte carbone), qui enrichit les sols quand certains fruits tombent et les stabilise, donne de l’ombre, il en va ainsi de tous les produits alimentaires locaux cultivés avec des engrais naturels. Des « recettes » sont données : utiliser des bouteilles plastiques à base d’algues, louer certains appareils au lieu de les acheter, faire réparer certains appareils, vendre et acheter des vêtements d’occasion, voire louer des vêtements, vendre et acheter des produits agricoles bio sans emballages polluants (Marché bio). Donc en tant qu’individu consommateur chacun de nous peut favoriser l’économie circulaire, ne serait-ce qu’on achetant local ce qui permet de plus de faire vivre des familles polynésiennes.                                                                                                                                           

LE SIXIÈME CHAPITRE, écrit par Jason MAN SANG, a pour titre MILITER POUR LE VIVANT. L’auteur y fait le récit de son parcours et de son combat incessant en faveur de l’écologie.

Jason MAN SANG, 26 ans, milite pour la protection du vivant dans diverses associations, il a initié des marches pour le Climat à Tahiti et « fondé un espace dédié à la transition et à la résistance écologique le « FARE UMARA ». Il y donne des formations en agroécologie, permaculture et alimentation durable. C’est un véritable militant totalement engagé.il se définit lui-même comme un militant extrémiste et radical

Dans l’article, il raconte son itinéraire et son combat pour tenter de convaincre. Venu d’un milieu sans préoccupation écologiste, c’est en France, grâce à sa compagne de l’époque, avec qui il était parti pour faire des études, qu’il prit conscience des problèmes et de leur urgence.

Dans un premier temps, il devint végétarien pour lutter contre la souffrance animale puis lui et sa compagne se mirent à acheter dans les magasins bio, devinrent vegan et enfin adoptèrent « la sobriété heureuse. »                                                     

Il s’informa de plus en plus et à force de se renseigner, il prit conscience de l’urgence « de prendre le problème à la racine » donc de ne pas se contenter d’une action individuelle mais de convaincre les autres. Donc il abandonna ses études et décida se consacrer au combat écologique. Il découvrit la permaculture, le low-tech, le minimalisme.

Il rentra au Fenua, décidé à militer. Il raconte comment, avec son frère, il fit le tour de l’île à pied en deux jours pour informer les gens d’une marche pour le climat en mars 2019 (la marche réunit 800 personnes). Puis il évoque une deuxième marche en septembre 2019 après un tout de l’île avec une brouette dans laquelle furent recueillis des produits locaux (un projet de loi de pays décrétant l’urgence climatique était préparé mais ils ne furent pas reçus par les décideurs.) Il organisa une autre action au moment des municipales de 2020 pour sensibiliser les candidats mais cela n’apporta aucun résultat concret. Autre marche en mars 2022, des actions dénonçant le Black Friday, les consommations excessives autour de Noël, les projets écocidaires comme le projet aquacole d’élevage de thons de Hao ou le projet minier de Makatea pour relancer l’extraction de phosphate.                                                                                                      

Tout cela n’aboutit pas. Donc, devant ce constat d’insuffisance d’efficacité, Jason et ses amis adhérèrent au mouvement mondial Extinction Rebellion (créé en 2018 au Royaume-Uni) qui préconise la reconnaissance de la gravité et de l’urgence de la crise écologique, la réduction immédiate des émissions de gaz à effet de serre, l’arrêt immédiat de la destruction des écosystèmes, la création d’une assemblée citoyenne chargée de décider des mesures adéquates à mettre en place.  

Il fait depuis du « lobbying » auprès des décideurs à travers des comités et séminaires où il est invité. Et continue à organiser diverses actions.

Il invite le lecteur à s’engager à son tour dans ce « combat pour la vie ». Selon lui, chacun peut faire quelque chose à sa façon et il propose de nombreuses pistes dont celles développées dans les chapitres précédents qui vont de l’information par livres, films, vidéos, conférences etc. à agir sur la nature (soigner les plantes, mettre en place des rahui, cultiver et consommer local etc),adopter un autre modèle de consommation (résister au système et même lui désobéir). Pour lui, c’est ensemble que nous pouvons réussir à infléchir la réalité dans le bon sens, en valorisant l’entraide et la communauté, en adhérant dans des associations ou en en créant.

Jason explique que, quant à lui, il vit avec le moins d’argent possible et fonctionne « à flux tendu » en fonction de ses besoins et consacre sa vie à son action militante.

LE SEPTIÈME ET DERNIER CHAPITRE est l’œuvre de Marie-Laure VANIZETTE, née à Papeete en 1961, diplômée en sciences politiques, en droit et management, en retraite professionnelle depuis 2016 elle milite activement dans des associations, elle est membre du bureau de la Fédération des Associations de Protection de l’Environnement Te Ora Naho. Le chapitre se nomme AGIR DANS UNE ASSOCIATION.

L’auteure insiste sur le fait que l’action individuelle doit s’accompagner d’une action collective. Elle fait un rappel de l’histoire du mouvement associatif écologiste en Polynésie avec la création de l’association Ia Ora Te Natura en 1973 à l’initiative d’un petit groupe de personnes dont un pasteur, un ingénieur agronome et de jeunes diplômés polynésiens revenant de Métropole comme Jacqui Drollet. Elle explique que dans un premier temps les adhérents avaient pour seul but de protéger la nature. Que la dénonciation des essais nucléaires (commencés en 1966) était plutôt à l’époque le fait d’associations mondiales comme Greenpeace. Que c’est en 1979, quand Henri HIRO prit la direction de l’association, que le combat contre les essais nucléaires devint essentiel (elle rappelle que Henri Hiro mena des marches contre les essais atomiques au son des conques tous les mercredis devant de conseil de gouvernement local), qu’il publia en1988 un poème dont le titre est Ia Ora Na te Natura qui affirme qu’aimer sa terre c’est s’aimer soi-même et il fait l’éloge de la consommation des fruits de la terre. L’association défendait en fait désormais le respect de la nature tout en luttant contre le nucléaire. 

Elle indique, qu’après la fin des essais atomiques, des associations comme Moruroa e Tatou et 193 ont continué et continuent à lutter pour la reconnaissance et l’indemnisation des victimes du nucléaire et que d’autres associations furent créées pour le reste du combat écologiste et l’ancrage dans une écologie respectueuse des traditions.

L’article explique à quoi sert une association de lutte pour la protection de l’environnement (actrice de dialogue avec les décideurs et relais des citoyens). L’auteure montre l’utilité de l’action des associations :  interdiction du « shark feeding », réglementation de l’utilisation des sacs en plastique. Des associations demandent que l’exploitation qui ravage la nature de l’île de Makatea ne soit pas reprise, le rahui a fait les preuves de son utilité ainsi les espaces protégés etc. On assiste selon elle à un retour vers le comportement respectueux de l’environnement des ancêtres. Il s’agit pour les associations en faveur de l’environnement de faire petit à petit adhérer la population à la notion d’’urgence environnementale dès l’école primaire. L’auteure indique que certaines associations font des interventions en milieu scolaire ou reçoivent des scolaires sur leur site. Elles animent aussi des actions : entretien des sentiers, nettoyage des plages, bouturage des coraux etc. Elles ont des partenariats avec des bailleurs de fonds (commune, Etat, Europe organismes, entreprises locales etc.

Un annuaire des associations de protection de l’environnement est à la disposition des lecteurs à la fin du chapitre. L’auteure explique aussi les démarches à faire pour créer une association.

DES ILLUSTRATIONS accompagnent chaque chapitre parfois avec humour, toujours avec efficacité. Elles sont l’œuvre de l’illustratrice FLOH, arrivée en Polynésie en 1995 qui pratique elle aussi « la sobriété heureuse ».

UNE BIBLIOGRAPHIE est proposée par chaque auteur à la fin de son chapitre.

Cet ouvrage collectif est donc un livre sans prétention mais d’une grande richesse qui apporte aux lecteurs non seulement une foule de renseignements mais aussi des « recettes » pour agir en faveur de l’environnement dans ce contexte d’urgence écologique au Fenua.


LA CONFÉRENCE-DÉBAT DU 4 MAI 2023 ORGANISÉE PAR L’ASSOCIATION TᾹPARAU À LA MAISON DE LA CULTURE   

LA CONFÉRENCE animée par Martine GUICHARD s’est déroulée avec cinq intervenants. 

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                  

Sylvie LARGEAUD-ORTEGA a présenté son projet et le livre dans son ensemble. Elle a également exposé le contenu des chapitres des trois auteurs absents : Stéphane BITOT pour L’Énergie, Yann FOLLIN pour l’Océan et Loanah WONG pour l’économie circulaire.                                             

Jean-François BUTEAUD, quant à lui, exposa son point de vue sur les plantes mais développa aussi les propos de ses deux autres co-auteurs (Caroline BLANVILLAIN pour les oiseaux et Matthieu AUREAU pour les rivières.                                                                                  

Les trois autres intervenants de la conférence ont été Riki WONG YEN pour « Une écoaction au bout de la fourchette », Jason MAN SANG pour « Militer pour le vivant » et Marie-Laure VANIZETTE pour « Agir dans une association ».

Les interventions ont été relativement brèves laissant la place à un débat passionnant et passionné.

LE DÉBAT (Mention de quelques interventions marquantes)

De nombreuses questions ont été posées à Riki WONG YEN, surtout en ce qui concerne ses recettes de cuisine qui ne comportent pas de quantités. Il a expliqué que cela dépendait de ce qu’il récoltait et qu’il variait toujours un peu ses recettes mais qu’elles étaient toujours bonnes. Il a montré dans un umete certaines plantes comestibles dont les fleurs d’hibiscus (en tisane ou en confiture). Il a expliqué que l’on s’habituait très bien à de nouvelles saveurs inconnues et il a beaucoup insisté sur le fait que, vu les problèmes d’obésité, de diabète et de nombreuses maladies liées à la « mal bouffe, il était urgent d’agir car la population est malade et, selon lui, on court à un véritable « génocide » si on ne fait rien. On peut trouver des plantes endémiques dans la nature, au Marché Bio ou en planter dans son jardin ou sur son balcon.  Il a également développé l’idée que chaque consommateur détenait un grand pouvoir au bout de sa fourchette car une agriculture biologique évite la pollution des sols, la production de déchets toxiques, améliore la santé, le fait de manger des produits locaux est bon non seulement pour la santé mais pour le porte-monnaie. Il a rendu hommage à Jason qui, dit-il, lui a fait prendre conscience de L’URGENCE des problèmes.

Jean-François BUTAUD a répondu à des questions et a bien expliqué en quoi les différents combats étaient liés entre eux : tout ce qui protège les plantes et les arbres protège aussi les rivières et les oiseaux. Les combats sont indissociables.

L’engagement total de Jason MAN SANG a beaucoup impressionné les participants. Il est revenu un peu sur l’historique de son évolution, indiquant que la dernière année en France il ne se chauffait pas, avait supprimé depuis longtemps les chaussures et il est revenu sur ses diverses actions auprès de la population mais aussi auprès des décideurs expliquant à la fois la difficulté à mobiliser mais aussi le grand bonheur du combat ensemble et de la fraternité qui règne entre les militants qui s’entraident pour vivre au mieux leur sobriété heureuse. Il a précisé qu’il était bien conscient que la vie qu’il menait n’était pas possible pour tous, entre autres des gens chargés de famille mais que chacun dans son espace personnel et selon ses disponibilités pouvait œuvrer pour contrer la dégradation écologique au fenua et mettre en place des cercle vertueux. Il a proposé aux participants de venir à une marche pour le climat le samedi 17 juin après-midi avec un départ devant l’Assemblée. Il a indiqué qu’il lutterait jusqu’à ce que la société dans son ensemble se décide à devenir éco responsable et respectueuse de la nature.

Marie-Laure VANIZETTE, quant à elle, est revenue sur certaines actions des associations, a expliqué leur utilité et a proposé à tous de s’engager au moins en aidant financièrement des associations s’ils n’ont pas le temps de militer.

Sylvie LARGEAUD-ORTEGA a insisté sur la richesse de la coopération des différents protagonistes qui ont participé à la création de ce livre et a évoqué les liens d’amitié qui désormais les relient.

Martine GUICHARD, fidèle à elle-même, a animé le débat avec son habituel esprit d’à-propos.

Une participante du public a indiqué que Jason et son association recevait les personnes intéressées tous les mercredis de 16h à 18h au parc Vairai de Punaauia.

Il me semble utile de donner toutes les indications sur la localisation et les heures d’ouverture du Marché Bio de TAUNOA, ouvert tous les jours sauf le dimanche. Tous leurs produits venus d’agriculteurs locaux ont une certification bio vérifiée.

Ce samedi 13 mai, Sylvie, Marie-Laure, Riki et Jason vont dédicacer le livre à la librairie ODYSSEY, de 9 heures à midi. C’est l’occasion pour ceux qui n’ont pas pu venir à la conférence de dialoguer avec ces personnes qui ont beaucoup à nous apprendre.

Le samedi 27 mai, ils dédicaceront l’ouvrage de 9 heures à midi, à la Librairie KLIMA.


Coordonnées du Marché BIO – Groupement de planteurs Bio contrôlés-certifiés (Quartier TAUNOA). Voir Photos ci-contre

Pour s’y rendre passer devant le magasin Cécile et au bout tourner à droite devant le Restaurant Le Cheval d’Or.

Tél. : 89 71 88 98

Heures d’ouverture :

LUNDI : 13h à 17h

Du MARDI au VENDREDI inclus : 9h à 17h en journée continue

SAMEDI : 9h à 13h

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