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Chers abonnés, chers lecteurs, bienvenue à bord de la septième édition de Pacific Pirates Média (PPM), votre webzine d’information, d’économie et de culture. Embarquez sur le SEUL et UNIQUE média indépendant en Polynésie française !

Dans un précédent dossier de PPM en avril, le professeur émérite Bernard Poirine annonçait, à juste titre, un retour de l’inflation et une hausse des taux d’intérêt (lire le dossier ici). Alors que la plupart des économistes, y compris dans les Banques Centrales, penchaient fin 2021 vers une poussée inflationniste transitoire, l’hypothèse d’une inflation persistante est devenue prépondérante en 2022, et les politiques monétaires ont brusquement été ajustées pour retarder cette possibilité, d’où une hausse rapide des taux d’intérêt directeurs dans la zone euro et aux États-Unis. Cette lutte contre une inflation chronique suscite des craintes d’une forte chute de la croissance, voire d’une récession. PPM vous propose ainsi une édition spéciale « Inflation », avec deux dossiers complets sur le sujet, réalisés par nos experts en économie. Vincent Dropsy nous éclaire sur l’importance de bien comprendre les causes de cette poussée inflationniste, les coûts qu’elle engendre, les choix de politiques macroéconomiques afin d’y faire face, et leurs conséquences en termes de croissance et d’emploi, dans le monde et particulièrement en Polynésie française (lire le dossier ici). Florent Venayre, lui, donne un coup de projecteur plus local, en s’appuyant notamment sur l’Indice des prix à la consommation pour le mois de juillet qui affiche un taux annuel d’inflation de 6,9 % au Fenua ! Un phénomène qui inquiète forcément la population (lire le dossier ici)…

À l’occasion de la rentrée du gouvernement, la semaine dernière, le président de la République française a d’ailleurs tenté de mettre en garde les Français face à « une grande bascule que nous vivons » et a appelé à « l’unité ». De la guerre en Ukraine à la grave crise climatique, en passant par la baisse du pouvoir d’achat, Emmanuel Macron a évoqué la « fin de l’abondance » et de « l’insouciance ». Une communication très mal accueillie par les oppositions, qui dénoncent un exécutif « déconnecté » de la vie réelle de ses concitoyens. En effet, les termes choisis par le locataire de l’Élysée ne passent pas, notamment le mot « abondance » qui insinue que les Français étaient jusque-là bien lotis. « C’est un message décalé. Quand on parle de fin de l’abondance, je pense aux millions de chômeurs, aux millions de précaires », a fustigé Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT. « Non mais on rêve ! Comme si les Français avaient manqué de soucis et s’étaient trop gavés », a réagi le secrétaire général du PCF Fabien Roussel, accusant « l’insouciance du Président Macron et la prédation des riches ». « Quand vous êtes dans un pays où il y a neuf millions de pauvre (…), entendre un truc pareil, c’est incroyable », a renchéri le leader insoumis Jean-Luc Mélenchon, dénonçant « l’irresponsabilité » de Macron. « Il faudrait surtout que ce soit la fin du déni, la fin de l’inaction et aussi la fin d’une forme d’impuissance face aux lobbies », s’est indigné l’ex-candidat écologiste Yannick Jadot.

Vivement la fin de l’arrogance et de la suffisance !

Cette fin de l’abondance annoncée par « Jupiter » sera ainsi célébrée par une Coupe du monde de foot dans le désert et des Jeux olympiques sur la Seine, c’est bien ça ? Pour reprendre les mots de l’acteur Vincent Lindon, dans cet « asile géant », on marche sur la tête, les pieds en l’air… C’est donc la fin de l’abondance et de l’insouciance… des riches ? Vivement alors la fin de l’arrogance et de la suffisance ! Dans cette période où nos libertés sont dictées par la Macronie, on ne peut s’empêcher de penser au gouvernement local et son désormais fameux « faites ce que je dis, pas ce que je fais ». Après les bringues de mariage en pleine crise sanitaire, les séminaires dans de grands hôtels, les déplacements aériens en classe affaire et autres démesures, c’est la fin de l’abondance aussi au Tapura ? Le parti rouge et blanc tirera-t-il les leçons de sa défaite aux législatives face aux jeunes politiciens bleus, redescendra-t-il de son piédestal pour se mettre à la hauteur de la population et prendra-t-il toute la mesure des prochains enjeux électoraux ? Quoi qu’il en soit, cela n’a pas empêché le président Fritch de briguer en toute confiance un troisième mandat devant le Conseil d’État. Si la formation politique de « Doudou » est la plus importante sur l’échiquier local, les autres forces en présence (groupes Tavini et A Here ia Porinetia) pourraient tirer leur épingle du jeu dans un contexte où l’image du Tapura est écornée.

Le dernier rapport de la Chambre territoriale des comptes (CTC) à propos du contrôle des comptes et de la gestion de la collectivité de la Polynésie française au titre de la politique sociale pour les exercices 2016 et suivants enfonce le clou : « Délais et mesurettes, malgré les annonces, laissent la population dans un état sanitaire inquiétant et les comptes sociaux au bord de l’asphyxie, même sous perfusion », détaille Radio 1, qui s’est procuré le document. La CTC, qui observe que seules deux des huit recommandations de son rapport de 2018 ont été – partiellement – mises en œuvre, tacle le Pays : « Sans en mésestimer la difficulté, (la Polynésie) doit à la fois organiser l’action publique (autorité règlementaire) et maitriser la dépense (gestionnaire). Ces deux responsabilités particulières sont d’ailleurs la contrepartie de l’étendue de son autonomie institutionnelle. » Le Tapura ne serait-il pas tel un pic-vert qui tape sur un tronc d’arbre pour creuser des trous dans le bois mort afin d’y pondre ses œufs ? Pour les cinéphiles, cette image renvoie aussi à une réplique culte du film La Haine de Matthieu Kassovitz : « C’est l’histoire d’un homme qui tombe d’un immeuble de cinquante étages. Le mec, au fur et à mesure de sa chute, se répète sans cesse pour se rassurer : jusqu’ici tout va bien, jusqu’ici tout va bien, jusqu’ici tout va bien. Mais l’important c’est pas la chute, c’est l’atterrissage »…

Ensemble, faisons bouger les lignes !

Bonne lecture, te aroha nui.

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