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Je propose aux lecteurs de Pacific Pirates Média une série « d’alertes » sur les grands changements du monde dont beaucoup d’habitants de notre planète (et bien sûr, Polynésiens compris) ne prennent pas conscience ou veulent encore se boucher les yeux et les oreilles. Or, l’Histoire vient de s’accélérer depuis plus de deux ans et nous allons…

En raison de ces nouveaux défis, les réponses qu’il faudra apporter exigent un regard nouveau sur toutes les questions qui jusque-là nous préoccupaient, exigent l’emploi d’un vocabulaire adapté et exigent des comportements politiques empreints de dignité. Faute de quoi, les pays ou territoires qui n’adopteront pas les mesures adéquates et ne mettront pas de côté les questions subalternes seront réduits à la misère et à la dépendance.   

Précision utile préalablement : les articles qui vont suivre n’apportent aucun soutien, ni à des gouvernements, ni à des courants politiques. Ils appellent à faire face avec le plus de conscience possible des responsabilités des uns et des autres, et sûrement pas à faire des « coups politiques ». Je prends le risque de mécontenter tous les bords politiques. Mon devoir d’intellectuel et d’universitaire prévaut sur la recherche d’une popularité qui n’a jamais été ma préoccupation.

Premier point abordé cette fois : hausse des prix et pénuries

Devant les périls maintenant bien identifiés (crise sanitaire qui n’est pas terminée, bouleversements climatiques, guerres et menaces de guerre, raréfaction de certaines ressources…), il est anormal que les oppositions, de quelque bord qu’elles soient, tirent à boulets rouges sur les gouvernements en place en leur reprochant la hausse des prix. Celle-ci provient du dérèglement du monde. Je laisse à mes amis économistes le soin d’en analyser causes et effets (lire les dossiers rédigés par Vincent Dropsy, « L’inflation mondiale en 2022 : causes, coûts, choix et conséquences », et Florent Venayre, « Quelle inflation en Polynésie, et pourquoi ? »).

Je m’attacherai à l’aspect politique – au sens noble du terme – mieux encore au risque mortel qu’elle fait courir pour notre existence. J’évoque simplement qu’on peut proposer des cataplasmes ou de chimériques redistributions. Des mesures « simplistes » (paresse intellectuelle) comme une baisse de la TVA ou un blocage des prix seraient antinomiques avec le combat contre le changement climatique et seraient des cadeaux aux plus aisés quand, par ailleurs certains n’ont à la bouche que de « faire payer les riches ». L’union nationale devrait prévaloir puisqu’en fait il s’agit de phénomènes incontrôlables et qui vont perdurer. Nul ne peut se soustraire à cette évidence que le temps des vaches grasses (même si ce temps n’a pas concerné une partie importante des populations) est bien terminé et que plus vite on en aura pris conscience, mieux ce sera. Il ne s’agit pas de dire que tel ou tel gouvernement a pris les bonnes décisions et qu’il faut le soutenir comme un seul homme. L’honnêteté doit conduire à l’humilité et à engager des discussions.

Quels sont les avantages et les inconvénients de telle ou telle mesure ? Qui supporte le plus difficilement les crises actuelles et quel soutien peut-on leur apporter ? Quels sont les « sacrifices » que les plus favorisés d’entre nous peuvent proposer d’eux-mêmes ? Quels sont les modes de vie actuels qui peuvent être modifiés de façon supportable ? Certaines ressources se faisant rares et chères, comment ne pas surconsommer ? Bien sûr, on objectera que quantité de nos concitoyens n’ont jamais surconsommé, mais mon discours s’adresse à ceux qui ne manquent de rien. Ce n’est pas à la frange la plus pauvre de la population qu’il faut demander des sacrifices, mais à celle qui peut sans problèmes majeurs y consentir. Mais de quels sacrifices parlera-t-on ? S’il s’agit de mesures démagogiques (des petites vengeances sociales), elles se traduiront vite par une catastrophe généralisée qui frappera d’abord ceux qu’on aurait voulu protéger.

Comme les finances des États ou des collectivités territoriales ne pourront pas indéfiniment subvenir aux besoins nouveaux, c’est à l’intelligence collective de trouver des parades dans la création d’activités porteuses d’emplois, dans de nouveaux modes de consommation et dans la fraternité (une notion dont on ne devrait même pas rappeler l’importance dans un pays qui se dit chrétien…).

Il faudra donc aboutir (rapidement) à des mesures réfléchies et consenties parce que sinon, c’est l’ensemble de la population qui en pâtira, y compris les plus aisés pour lesquels, plus dure sera la chute.

Et la question traitée ici n’est que l’une des phases des crises qui s’abattent et s’abattront sur nous. Il s’agira de sauver ce qui peut encore l’être, la paix, la liberté et l’accès aux ressources.

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