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Soutenu par la majorité indépendantiste à l’assemblée de la Polynésie française et porté notamment par le jeune député Tematai Le Gayic, le dossier sur la mise en place d’une identité mā’ohi est celui qui préoccupe majoritairement les premiers mois du gouvernement Tavini. Le Pays vient même de publier un arrêté au Journal officiel, pris en conseil des ministres le 20 septembre dernier, et ainsi « formule le vœu de l’institution d’une citoyenneté Ma’ohi entraînant des conséquences juridiques pour celui qui l’acquiert, citoyenneté consacrée et sacralisée dans la Constitution ». L’idéologie au cœur de la politique et jusqu’aux sièges de l’hémicycle pendant la première session budgétaire, tel semble être le principal leitmotiv du nouveau gouvernement qui tarde à proposer des mesures concrètes en matière économique et sociale (lire notre dossier « Nouveau gouvernement en Polynésie française : l’identité mā’ohi avant tout »).

Qu’en est-il des idées émises fin juin 2023 sous le chapiteau de la Présidence par les représentants des différents services du Pays et des entreprises locales lors du Séminaire sur la dynamisation de l’activité économique et la lutte contre la cherté de la vie ? N’oublions pas que le Tavini huira’atira a réuni 44,3 % des voix en faisant campagne sur la lutte contre la « vie chère » et les inégalités plutôt que sur l’indépendance. Dans un article intitulé « Combattre la pauvreté : une exigence pour la Polynésie française », l’économiste Christian Montet rappelle qu’au moins un quart de la population se trouve en situation de pauvreté sérieuse… Par ailleurs, quand est-ce que le Pays va réellement s’occuper du problème des sans-abri au Fenua et les aider à se réinsérer dans la société ? Suivez plutôt l’immersion de notre rédaction partie à la rencontre de ces hommes et de ces femmes « invisibles » qui galèrent dans l’ombre, dorment à même les trottoirs et ne parviennent pas à s’en sortir (lire notre dossier « Enquête et portraits croisés : la spirale infernale des personnes dans la rue »!

Pendant que les élus débattent sur leurs convictions personnelles, la population a de plus en plus de mal à faire bouillir la marmite et à nourrir ses enfants. Et si l’on salue la suppression de la Contribution pour la solidarité (CPS) annoncée en grande pompe au 1er octobre 2023 et censée « rendre 9 milliards de Fcfp par an aux Polynésiens », on a du mal à croire que cela va changer radicalement la vie quotidienne des foyers les plus modestes. On attend des actions plus fortes que cette recette qui pourrait s’avérer aussi efficace qu’administrer de la poudre de perlimpinpin… Cependant, félicitons le président Moetai Brotherson qui a tenu là sa parole pendant la dernière campagne électorale. On ne peut pas en dire autant sur sa promesse de probité de ses collaborateurs, avec un directeur de l’OPH, Yan Jambet, qui aussitôt nommé est attaqué au pénal par son ancien employeur pour lui avoir volé pas moins de 6 millions de Fcfp. Ni sur son engagement à ne pas faire de « chasse aux sorcières », compte tenu du rythme soutenu de la valse des chefs de service depuis la prise du pouvoir de son gouvernement. Capitaine Brotherson, pouvez-vous donner le cap ? L’idéologie, oui avec minutie, mais après ?

Ensemble, faisons bouger les lignes… pour un vent de liberté !

Bonne lecture, te aroha ia rahi.

Dominique Schmitt

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