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Dans un monde en perpétuel bouleversement, les discours nationalistes refont surface, prônant un repli identitaire qui, sous couvert de grandeur retrouvée, conduit en réalité à l’isolement et à la dépendance. Loin d’être une solution aux incertitudes économiques et géopolitiques, le nationalisme exacerbe les tensions, affaiblit les nations et expose les peuples aux appétits des grandes puissances. Que ce soit à travers les tentatives de vassalisation de Donald Trump sur le Canada, l’expansionnisme agressif de Vladimir Poutine ou les illusions entretenues par certains partis locaux sur des alliances avec la Chine, le constat est le même : le nationalisme ne conduit qu’à une perte de souveraineté et à la précarisation des populations.
Ce repli identitaire a aussi des conséquences économiques majeures. En Polynésie française, les attaques contre certains acteurs du secteur privé illustrent un climat d’hostilité envers l’entrepreneuriat et l’investissement. Sous prétexte de lutter contre une soi-disant mainmise étrangère, des initiatives politiques cherchent à affaiblir des entreprises essentielles à l’économie locale. Pourtant, ce sont ces acteurs qui garantissent l’approvisionnement en produits et la stabilité des prix. Désorganiser ce système, c’est mettre en danger des emplois et fragiliser davantage les citoyens, déjà confrontés à une inflation galopante et à des difficultés d’accès aux biens de première nécessité. Lire l’article de Florent Venayre : Colloque sur la vie chère : la possibilité d’une ISLE ?
L’un des paradoxes des partis nationalistes est qu’ils se tournent systématiquement vers des modèles étrangers qu’ils admirent sans comprendre qu’ils en deviendront les premières victimes. L’exemple de Steve Bannon et de son influence sur les mouvements nationalistes européens illustre parfaitement cette absurdité. Ces partis ne cherchent pas à renforcer leur pays, mais à le soumettre à une logique de confrontation permanente qui, au final, sert toujours les plus puissants. En Europe comme en Polynésie française, il est primordial de comprendre que la seule vraie protection des peuples réside dans la coopération et le dialogue, non dans un enfermement illusoire qui ne ferait qu’aggraver les fractures sociales et économiques. Lire l’article de Jean-Marc Regnault : L’incroyable bêtise des partis nationalistes
L’Histoire est riche d’enseignements. Elle nous rappelle que le nationalisme, lorsqu’il s’impose comme doctrine politique, conduit inévitablement à la destruction de ce qu’il prétend défendre. La Biélorussie de Loukachenko, réduite à un simple satellite de Moscou, ou les tentatives de déstabilisation économique de Trump contre le Canada montrent que l’indépendance nationale ne se mesure pas à l’autarcie ni à des slogans belliqueux, mais à la capacité d’un pays à négocier, à défendre ses intérêts sans se soumettre à des logiques destructrices. En Polynésie, ce sont les tentatives de marginalisation de certains importateurs et distributeurs qui illustrent cette dérive : en cherchant à restreindre artificiellement le marché sous prétexte de souveraineté, on risque surtout de créer des pénuries et d’augmenter le coût de la vie. Lire l’article de Christian Montet : Qui veut harceler l’importateur le taxe de monopoleur
Nous devons réaffirmer les principes démocratiques et économiques qui font la force de nos sociétés : liberté de la presse, justice indépendante, institutions solides et protections sociales, mais aussi un cadre économique stable et prévisible. Certes, aucun système n’est parfait, mais les alternatives que nous proposent les extrêmes nationalistes ne sont que des impasses menant au chaos. La Polynésie française, tout comme les autres territoires insulaires, doit se méfier des promesses simplistes et réfléchir à sa place dans un monde où l’union fait la force. Ce n’est qu’en défendant activement nos démocraties et notre économie de marché que nous protégerons véritablement nos cultures et notre avenir.
Ensemble, faisons bouger les lignes… pour un vent de liberté !
Bonne lecture, te aroha ia rahi.
Dominique Schmitt
