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Qui, en Polynésie, ne connaît pas Flora Aurima-Devatine, écrivaine, chercheuse, enseignante, membre de  l’Académie tahitienne dès sa création en 1972 (elle en fut la directrice entre 2017 et ces derniers mois), à l’origine de la création en 2002 de l’association et de la revue Littéramā’ohi avec six autres membres créateurs, récompensée par le prix Heredia de l’Académie française en 2017 pour son recueil Au Vent de la Piroguière – Tifaifai, décorée de l’Ordre de la Pléiade, Ordre de la francophonie et du dialogue des cultures, qu’elle reçut de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie en 2023 ? (Crédit photo : René-Jean…

Enfant du Fenua Aihere, devenue professeure d’espagnol, impliquée dès les années 1970 dans la naissance du renouveau culturel polynésien, elle est une figure incontournable de la culture polynésienne et pourtant, peu de personnes, jusqu’à novembre 2022, ont eu vraiment accès à un ensemble assez exhaustif de ses écrits. (Lire nos articles « Flora Aurima-Devatine, pionnière et ambassadrice de sa langue et de sa culture » et « Lorsque le souffle poétique de Flora Devatine s’élève des volcans d’Auvergne »)

En effet, dévouée à ses nombreuses tâches, menant de front son rôle de maman de six enfants, son travail d’enseignante et de chercheuse et son combat inlassable en faveur de sa langue et de sa culture, elle publia assez peu dans des recueils : Humeurs (1980, publié sous le pseudonyme de Vaitiare) est aujourd’hui introuvable, Tergiversations et Rêveries de L’écriture orale, Te Pahuo Hono’ura (éditions Au Vent des îles) parut seulement en 1998 et Au Vent de la Piroguière – Tifaifai (éditions Bruno Doucet) en 2106.                                                                                                                 

Entre-temps, elle publia dans Littéramā’ohi, dans des colloques, intervint dans de nombreux événements culturels en Polynésie et dans divers pays – c’est une ōrero (oratice) hors pair- mais il n’était pas facile avant fin 2022, à moins d’avoir suivi de près tout son parcours, de se faire une idée de l’œuvre de cette poétesse et de l’évolution de son écriture.

Hommage à une auteure majeure

Donc, Littéramā’ohi, sous la direction d’Estelle Castro-Koshy, qui en écrivit la préface, entreprit, pour rendre hommage à cette auteure majeure, un travail gigantesque afin de publier en novembre 2022, sous le titre de MARUAOLes ailes de l’infini, un ouvrage qui réunit dans une première partie de nombreux textes poétiques extraits de chacun de ses recueils, ainsi que des textes inédits ou non publiés, des articles parus dans diverses revues. Tous les textes écrits en français sont traduits en anglais (traductrice principale : Jean Anderson) et les poèmes écrits en tahitien sont traduits en français et en anglais.

Dans une deuxième partie du livre sont publiées des études sur l’œuvre de Flora Aurima-Devatine ou sur un poème spécifique par les chercheurs ou écrivains : Goenda Turiano-Reea, Tehea Karine Frogier Leocadie, Titaua Porcher, Estelle Castro-Koshy, Marie Lamothe, Eva Tilly et une post-face de Philippe Guerre. Tous les articles sont en bilingue (français-anglais).

Enfin, dans une troisième partie, on trouve des hommages de Chantal T. Spitz, Daniel Margueron, Bernard Rigo, Russel Soaba, Estelle Castro- Koshy, Chantal Teraimateata Millaud, Mareva Leu (actuelle présidente de Littéramā’ohi après Flora Aurima-Devatine et Chantal T. Spitz).

Ce livre comporte aussi des illustrations dont certaines proviennent de membres de la famille de Flora Aurima-Devatine, y compris, un de ses fils Tokainiua Devatine et deux de ses petits-fils.

Cet ouvrage permet, par exemple, d’avoir accès au magnifique poème « fondateur » Te Manava Ihotupu/La Conscience Polynésienne écrit en 1977 directement, comme en réponse, au texte d’Henri Hiro, Oihanu ē, lu la veille lors de la première soirée du Café Cabaret sur la scène du Petit théâtre de la Maison de la culture. Il fut dit par l’auteure dès la deuxième soirée et ce texte émut beaucoup Henri Hiro et fut inséré dans le rapport pour l’Unesco sur « la conservation du patrimoine culturel et le développement des culture océaniennes » rédigé par Flora Aurima-Devatine. D’autres textes comme Maruao, le poème éponyme, et de nombreux textes difficiles à trouver s’y trouvent également. Tous ces textes anciens et d’autres permettent aux lecteurs de prendre conscience du rôle de Flora Aurima-Devatine dans le Renouveau culturel polynésien dès le départ et de suivre l’évolution de son écriture depuis plus de quarante ans.

UN LIVRE INCONTOURNABLE POUR LES AMOUREUX DE LA CULTURE POLYNÉSIENNE ET DE LA POÉSIE UNIVERSELLE. On le trouve en librairie.

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