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Chers abonnés, chers lecteurs, bienvenue sur Pacific Pirates Média (PPM), votre magazine d’information, d’économie et de culture. Embarquez à bord de la 26e édition numérique (AVRIL 2024) et soutenez une presse totalement indépendante… Notre cap : « Un vent de liberté » !

Cela fait désormais plus de deux ans que le régime russe exerce une pression puissante sur l’Ukraine. Alors que la « réélection » de Vladimir Poutine et l’attentat à Moscou revendiqué par Daech présagent une dégradation des relations avec l’Occident, le conflit menace aujourd’hui d’atteindre l’Europe. Dans un article intitulé « Démocratie ! démocratie ! S’il suffisait de prononcer son nom » (PPM, 1er mars 2024), Jean-Marc Regnault anticipait sur l’annonce des résultats de l’élection présidentielle en Russie. Ce mois-ci, l’historien rappelle que « le suffrage universel n’est pas forcément synonyme de démocratie » et considère que « l’analyse de la réélection de Poutine ne nécessite pas d’avoir suivi Sciences Po »… Prenons l’exemple troublant d’Alexeï Navalny : le 16 février dernier, le principal opposant à Poutine a été retrouvé mort dans sa prison, au nord du cercle arctique, la colonie pénitentiaire la plus dure de toute la Russie (lire l’hommage de Patricia Bennel). Au fil de son papier, avec son titre « Eyes Wide Shut » (lire ici) faisant référence au film de Stanley Kubrick paru en 1999, Regnault confie notamment qu’il constate « aucune amélioration dans la perception que [ses] contemporains ont de ce monde qui vient ».

Notre contributeur souhaite ainsi nous alerter quant au syndrome des « yeux grandement fermés » sur le monde qui nous entoure, mais précise par ailleurs que « ce n’est pas sur Poutine qu’il faudrait ouvrir les yeux, mais sur chacun d’entre nous ». Et de considérer : « Plus dure sera la chute si les peuples libres ne consentent pas à un moment donné aux efforts nécessaires pour sauvegarder leurs acquis. Les peuples dominés, eux, n’ont qu’à obéir. » Il est vrai qu’au Fenua, on se sent un peu comme dans une « bulle » et ces considérations peuvent parfois nous dépasser. Mais puisque l’on parle de cécité, le Tavini va-t-il enfin recouvrer la vue ? Parce qu’avec un président du Pays, qui ne cesse de partir en vadrouille (lire le dossier économie de Christian Montet « La réussite économique de Singapour peut-elle inspirer les Polynésiens ? »), et un président de l’assemblée qui, en son absence, dénigre les élus minoritaires et même le Conseil d’État après l’annulation de la loi fiscale car il ne parvient pas à ficeler un budget, le gouvernement bleu ciel semble, lui aussi, à côté de la réalité. Le peuple a faim et attend que les belles promesses de campagne soient honorées !

Nos dirigeants locaux devraient ainsi avoir bon pied, bon œil, et toujours garder un œil (le bon si possible) sur leurs citoyens. Non, pas celui de Moscou, qui consiste à surveiller des individus au bénéfice d’autres, cette expression trouvant ses origines au début du XXe siècle en référence au parti communiste de l’URSS qui avait des espions partout, intramuros et extramuros. Pourtant, il s’avère que certains jouent ici les « big brother » et que la maladie de « l’espionnite » a déferlé sur nos récifs. En effet, quelle ne fut pas notre surprise d’apprendre que l’assemblée de la Polynésie française (APF) s’intéressait de près à l’une de nos collaboratrices ! Après avoir été étudié par l’Université, voilà que le phénomène Maeva Takin préoccupe l’APF, comme l’a rapporté une source nommée « Gorge profonde » à notre plume taquine (lire son billet). J’avais moi-même été interpelé par les renseignements généraux lorsque j’ai fondé Pacific Pirates Média (PPM) en 2022 ; ils étaient d’abord intrigués par le nom « pirates », puis comprenant que je reprenais le flambeau de feu Tahiti Pacifique Magazine (TPM) souhaitaient que l’on coordonne nos informations. Je leur avais alors gentiment répondu par la négative, et expliqué que notre média est indépendant et que nous choisissons avec qui nous travaillons… Cela dit, PPM ne peut que s’enorgueillir d’avoir une rédactrice qui fait autant parler d’elle, et en bien ! Sur ce, attention à l’œil de Moscou et gardez le vôtre bien ouvert, surtout s’il y en a qu’un.

Ensemble, faisons bouger les lignes… pour un vent de liberté !

Bonne lecture, te aroha ia rahi.

Dominique Schmitt

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